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Illustration de Rikka Sormunen
© Riikka Sormunen

Décor

L’amour en pot

Nouveau «trend» et romantisme à deux, la plantation d’un arbre lors de la célébration du mariage vient marquer le fort besoin d’enracinement des couples à l’ère des relations éphémères et des réseaux sociaux

Le mariage fait de nouveau rêver. Après une période de recul des célébrations, quantité de jeunes gens décident de prononcer leurs vœux. Lors de cérémonies laïques plus que religieuses, avec la robe et sa suite, des bars à bonbons et des repas princiers, pour faire revivre ce qui tient du rituel traditionnel visant à sceller ces liens invisibles et puissants entre deux êtres consentants. Ce qui tient à cœur aux jeunes mariés, c’est la célébration devant une kyrielle de témoins, dans la réjouissance d’une nouvelle vie qui s’offre à eux. Les fiancés planifient des mariages qui reflètent les auspices sacrés des promesses prononcées dans une perspective romantique et durable.

La symbolique de l’arbre et sa durabilité sont acquises. Les ramifications d’une généalogie naissent de l’union de deux figures majeures, qui ont planté les racines de plusieurs générations. Le geste de semer ces graines à deux ou de planter un arbre encore vert en pot lors de la cérémonie du mariage, religieux ou laïque, le rappelle. L’intention de durer, le besoin de s’ancrer sont fondamentaux.

Thérèse Gilbert, directrice de l’agence d’organisation de mariages «Le Rêve de Priscilia» au Mont-sur-Lausanne, le confirme: «Il n’y a pas besoin d’avoir la main verte, il suffit de se projeter dans la relation en visant la durabilité.» Alors planter un arbre, qu’est-ce que cela signifie? «C’est plus résistant qu’une plante et il est vraiment question de longévité, comme celle que l’on souhaite accorder au couple.» Pourtant, il ne restera pas en pot longtemps, l’arbre sera transféré dans la terre à peine les racines à l’étroit. A ce moment-là, l’amour prend une autre tournure, sujette à plusieurs interprétations. Thérèse Gilbert est experte en design d’événements et assimile cette pratique à la trame d’une histoire qui s’écrit à la manière d’un défi: les arbres fournis ont pour but d’être entretenus par le couple.

Le bouquet de la mariée, dont les compositions sont infinies, cède aujourd’hui le pas à des plantes plus importantes. Des oliviers, des cerisiers, des érables, des bouleaux ou des cactus font aujourd’hui l’objet d’un rituel de consolidation de l’amour en pot. On le plante petit, puis, suivant les étapes du mariage, on le fixe dans le sol pour le voir grandir, se solidifier, porter ses fruits dans un esprit de construction familiale, et s’embellir. «Cela vient du fond du cœur, explique Thérèse Gilbert, il s’agit, par ces arbres, de raconter une histoire à laquelle on tient.»

Quels arbres?

Lors de la cérémonie, d’un commun accord avec l’officiant, les mariés choisissent de mettre en pot un plant, généralement à la fin de la célébration, comme pour le lâcher de colombes. Le cactus, étonnamment, fait partie des élus. «Les épines protègent le couple et lui apportent du piment!» s’exclame l’organisatrice. Le cactus représente l’aspect variable du mariage et exclut la monotonie.

L’olivier est fondamental. Chargé de sens et d’émotion, il s’inscrit dans l’intention d’engagement du rituel. Centenaire, il pousse quel que soit le terrain, résiste aux turbulences de la vie et aux intempéries, il est profondément enraciné. Il symbolise l’admiration et met en lumière les aspects positifs du couple. De plus, il porte des fruits, donc permet d’envisager de fonder une famille.

Et pour cause: «Lorsque l’on forme un couple, on attend une évolution, on ne reste pas au stade du mariage, on acquiert une maturité symbolisée par les «fruits.» Il s’agit aussi de prendre en compte les retombées sur la qualité du couple. Pour perdurer, il faut de l’entretien, ce qui en 2017 tient de l’exploit. L’olivier, lui, résiste à tous les vents.

La magnificence du cerisier ne pouvait manquer. «Il est très demandé pour sa beauté, reprend Thérèse Gilbert, nous l’utilisons dans le cadre de la décoration plus que pour sa résistance en pot. Cependant, sa raison d’être se trouve dans sa représentation printanière des beaux jours, ajoute-t-elle, il fleurit et diffuse son parfum à la belle saison.» Mais «il est impossible de savoir quand, une cérémonie ne saurait être tributaire de la floraison», ajoute Rémi Jaggi, fleuriste spécialisé, cultivateur et producteur de plantes vivaces à Trélex, dans le canton de Vaud.

Décoration

Il semblerait que l’opulence de fleurs et la richesse ostentatoire n’aillent plus bon train. Rémi Jaggi l’explique: «Même le couple princier de William et Kate a souhaité des bouleaux le long de l’allée lors de leur cérémonie. La simplicité, l’élégance et l’originalité sont mieux acceptées de nos jours, où tout n’est que crise et regard critique.» Il y a aussi une connotation négative à «tuer» des fleurs pour de la décoration car la conscience écologique s’est réveillée. Le but selon Rémi Jaggi: un effet grandiose avec peu de moyens et, surtout, éthiques.

C’est pourquoi les arbres symbolisent le retour à la nature, à l’authenticité. On privilégie le côté léger et révélateur de l’enracinement tout en restant modeste. Dans un retour aux sources, le bouleau pleureur vient s’ajouter à la liste côté déco, avec ses feuilles si légères. «Il est également courant de procéder à la reconstitution de l’arbre avec d’autres fleurs, des orchidées par exemple, ou avec des accessoires comme des photophores ou des rubans. Les hôtels et les églises sont souvent trop chargés. Les branches peuvent être personnalisées et c’est toujours très réussi.» Sans pour autant ôter leur rôle aux fleurs, comme les glycines, qui ont toujours une place privilégiée dans la poétique du sacrement et du romantisme du moment. L’érable, en dernier lieu, représente la parfaite plante à la charpente belle et solide…, qui en dit long sur les bases sur lesquelles un couple souhaite fonder son union.

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