design

Lanterne magique

Des objets en métal et en marbre sur lesquels reposent des vêtements et des accessoires qu’un subtil éclairage métamorphose en images

> Fabien Gerlier, 28 ans

Ses présentoirs-sculptures viennent d’animer les vitrines de la boutique Hermès de Zurich. Des objets en métal et en marbre sur lesquels reposent des vêtements et des accessoires qu’un subtil éclairage métamorphose en images. Grâce au jeu de l’ombre et de la lumière, ce designer d’Annecy, travaillant à Paris, fait apparaître un alpiniste escaladant une montagne ou une danseuse en tutu créée grâce à la superposition de bijoux, d’un Carré et d’une ceinture. Fabien Gerlier, c’est la lanterne magique réenchantée.

cargocollective.com/fabiengerlier

Qu’est-ce qui vous a amené au design et au Master Luxe de l’ECAL, en particulier

J’ai découvert le mot design lorsque j’avais 13 ans. A cette époque, j’aimais déjà dessiner et bricoler. Aujourd’hui, le design me permet d’allier ces deux qualités: créativité et technicité. J’ai décidé de suivre le Master Luxe avec le souhait de m’orienter vers un design plus qualitatif. J’avais travaillé pour des entreprises fabricant leurs produits en Asie, en privilégiant le prix au détriment de la qualité. M’orienter vers le luxe signifiait pour moi travailler un produit de valeur dans tous les sens du terme. Faire le choix de l’artisanat et des savoir-faire d’exception plutôt que de la production de masse. Sortir ainsi des produits impersonnels et jetables pour créer de l’intimité grâce à la sémantique de l’objet.

Vous avez créé une manière de présenter le luxe avec des présentoirs-sculptures. Quelle différence avec une vitrine qui exposerait des objets de consommation courante?

Les «présentoirs-sculptures» ne sont pas la finalité de la vitrine. Au contraire, ils tendent à s’effacer, d’où leur finesse et leur sobriété, pour laisser place aux produits qui, eux, sont les pièces maîtresses de la composition. C’est grâce à eux que l’ombre se crée. Cette ombre n’est que l’âme de l’objet, sa propriété intrinsèque, sa vraie nature et les valeurs de sa marque.

Ce système pourrait fonctionner avec des objets de consommation courante, mais ici il est question d’affirmer la part de poésie, de rêve et d’imaginaire que l’on retrouve dans une marque telle qu’Hermès.

Votre influence design?

Aucune en particulier. Tout dépend du moment et du projet, il s’agit de se nourrir partout même loin des champs propres au design.

Le luxe pour vous c’est…

Un formidable moyen pour faire perdurer des savoir-faire ancestraux, mais aussi un laboratoire pour demain. Une façon de dire: «consommer moins mais consommer mieux».

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