Un jour, une idée

L’application qui raconte Genève en version augmentée

La ville est parsemée de signes qui, lus par un smartphone, dévoilent l’histoire des lieux, films, photos et textes à l’appui

Les stickers parsèment Genève depuis mardi. Ils seront 200 à la fin de la semaine, appliqués sur les murs, les bâtiments et les trottoirs. Ces codes QR signalent que le lieu traversé est chargé d’une histoire qu’une nouvelle application invite à découvrir, via son smartphone. L’application s’appelle Traverse, elle s’obtient gratuitement sur les plateformes de téléchargement. Les histoires qu’elle présente sont également disponibles dans la version en ligne, via un navigateur pour téléphone. «Raconte-moi Genève» est un projet initié par Sami Kanaan, grâce au fonds dont le conseiller administratif dispose durant son année de mairie.

Les récits abordent naturellement l’histoire officielle: la maison de la Grand-Rue où Jean-Jacques Rousseau naquit le 28 juin 1712. L’inauguration du mur des Réformateurs, en 1909, en l’honneur du 400e anniversaire de Jean Calvin et du 350e de la fondation de l’Académie, devenue Université de Genève. L’application explore également des coutumes comme celle du marronnier de la Treille, inaugurée en 1808 par un habitant de la rue des Granges qui avait pris l’habitude d’observer la première feuille d’un jeune arbre, en face de son domicile.

Le feu au Grand Passage

Le système se fait plus poétique lorsqu’il permet de retrouver les couleurs des souvenirs que chacun peut avoir de certains lieux: Artamis avant la destruction des baraquements et l’érection de l’actuel quartier, les trains de Cornavin, dans le sépia des années 1970, le Grand Passage en feu, en 1975, la rue du Marché en 1971, où Bulle Ogier déambule dans la scène finale de La Salamandre, la caserne des Vernets en construction, en 1957. Les contenus sont également contemporains: un curateur détaille le projet Neon Parallax, sur les toits autour de la plaine de Plainpalais. Le skatepark du même coin filmé par une caméra subjective.

«Nous avons tous un ou plusieurs lieux emblématiques dans la ville qui déclenchent des souvenirs. L’effet «madeleine de Proust» dans notre propre espace de vie est puissant: il n’y a pas besoin de forcer la mémoire pour que le passé resurgisse, propulsé par notre présence dans un lieu particulier», explique l’artiste Ulrich Fischer, qui a développé le projet. Le plaisir de la balade dans Genève est augmenté par ces contenus sur écran. Numérique oblige, l’application permet de partager les parcours avec ses connaissances.


«Raconte-moi Genève», application mobile Traverse, téléchargeable sur le site de la ville de Genève, Play Google ou sur iTunes; carte interactive disponible sur Maphub.net. Tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».

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