Un bon produit, un plat de saveurs: retrouvez nos recettes.

Dans ce numéro spécial du magazine T, toutes les illustrations ont été générées par différentes intelligences artificielles, assistées toutefois d’une intelligence humaine, celle du photographe lausannois Mathieu Bernard-Reymond.

Ce petit buisson au grand pouvoir est de plus en plus cultivé en Suisse pour les vertus de ses grappes noires. Récoltées à la fin de l’été, ses baies sont consommées par les Amérindiens depuis la nuit des temps comme plante médicinale pour ses hautes valeurs nutritives (vitamines et antioxydants). «Le climat des plaines suisses convient très bien à cette plante. Elle est moins fragile que d’autres superaliments comme la baie de goshi», note Matthieu Müller, qui en produit cinq tonnes par année. A Montherod (VD), il a repris en 2018 avec son épouse le domaine de Jean-Luc Tschabold, pionnier dans la mise en place de la culture de l’aronia en Suisse romande. «Peu de baies sont écoulées fraîches, parce qu’elles ont une âpreté qui ne plaît pas à tout le monde. Nous misons plutôt sur des fruits séchés, des jus et des poudres, à ajouter quotidiennement aux salades, au bircher muesli, au granola, au chocolat, à prendre en cure ou tout au long de l’année», précise-t-il.

Le fruit frais, dont le goût rappelle celui de la pomme sauvage, se prête bien aux conserves maison, mais aussi aux tartes, sirops, sablés, sorbets, compotes ou confitures, avec la possibilité de congeler les baies cueillies au préalable pour atténuer leur acidité. Autre idée pour des encas énergétiques: former une pâte de baies séchées, dattes, noix de cajou, vanille et noix de coco râpée.

Guy Ravet (19 points au Gault & Millau, 1 étoile Michelin), président des Grandes Tables suisses et héritier d’une dynastie de gourmets suisses, incorpore régulièrement la «super baie indigène et bio cultivée par la famille Müller» dans ses recettes. Il la travaille principalement dans les desserts, où son amertume peut-être atténuée avec quelque chose de sucré. «Elle est également très intéressante en aigre-doux pour accompagner les mets de gibier ou donner une touche finale à une sauce. J’essaie de la transformer au minimum, afin de ne pas altérer ses bienfaits», confie le chef qui reprendra les cuisines et la direction culinaire du Grand Hôtel du Lac, à Vevey, en janvier.

Découvrez la recette: Gourmandise aux baies d’aronia