Un jour, une idée

L’Athénée 4: au cœur d’une chapelle genevoise du bon goût

De lieu de culte à lieu de culture et de gourmandise, le restaurant l’Athénée 4 fait décoller les saveurs grâce à sa nouvelle direction, bicéphale

Parmi les immeubles cossus de la Vieille-Ville genevoise, un bâtiment datant du milieu du XIXe siècle qui, à l’origine, abritait un établissement religieux et sa vaste chapelle, appelés l’Ecole du dimanche.

Tout d’abord convertie en dépôt par les Editions Slatkine en 1933, la chapelle a été rénovée en 1999, pour ouvrir enfin ses portes au public et devenir un espace culturel polyvalent. Expositions, concerts, défilés, mais également manifestations privées se sont donc succédé en contribuant à son renom, en particulier le festival de musique classique et jazz Les Athénéennes, qui a débuté dans ses murs.

Plus récemment, les descendants de la famille Turrettini ont décidé d’en faire aussi un haut lieu de l’art culinaire. Ce restaurant est désormais guidé par un binôme de jeunes cuisiniers à l’imagination débordante. Après avoir fait leurs armes dans divers restaurants étoilés parisiens, Julien Pansier et Antoine Nouais y déversent leur folie en composant une cuisine brute, sauvage et naturelle. Sensibles à une démarche saine et durable, ils élisent scrupuleusement leurs fournisseurs et privilégient le fait maison.

«Nous sommes passionnés de cueillette et aimons jouer avec l’acidité des herbes», explique le chef breton, Antoine. «Nous nous amusons à préparer nos salaisons ou à laisser fermenter nos légumes et fruits. A titre d’exemple, un agrume fermenté sera un condiment parfait pour relever une assiette. Il me plaît d’étiqueter notre approche de «cuisine autonome».»

Le menu change chaque mercredi et fait la part belle au poisson et aux fruits de mer comme cet inoubliable carpaccio de Saint-Jacques sublimé par les billes croquantes et acidulées du citron caviar. Pour les saveurs de la mer, cette semaine, les couteaux de plongée en entrée se pareront d’un condiment à base de noix et chorizo alors que le poulpe grillé s’accompagnera de houmous, chou kale, pois chiches soufflés et kumquat.

Au plaisir de la dégustation concourt un cadre sans faute, dosage équilibré entre vestiges du passé et confort moderne. Hauts plafonds, colonnes et balustrade en bois de l’époque d’un côté, mobilier contemporain, savant éclairage et magnifique mur végétal de l’autre confèrent toute la beauté et la dimension intimiste à ce lieu autrefois mystique.


Athénée Quatre, rue de l’Athénée 4, tél. 022 310 11 22, lu-ve 11-15h. Tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».

Publicité