Un jour, une idée

L’Auberge de Beaulieu, à Lausanne, fait peau neuve

Stratégiquement située à proximité de la Collection de l’art brut, l’adresse change tout: sa carte, son équipe et son décor

Par la mise au concours pour la reprise de l’établissement, les autorités lausannoises ont souhaité faire de l’Auberge de Beaulieu une adresse «à la berlinoise», accessible et intergénérationnelle. Elles en ont confié les clés aux tenanciers George Marchant, Alvaro Sanchez et Branimir Gergov, qui ont déjà fait leurs preuves dans d’autres bars-restaurants courus en ville tels que le Pavillon et Le Perroquet.

La nouvelle formule réunit tous les atouts pour mettre les divers publics d’accord. On accède à cette maisonnette par un beau jardin où l’on peut se prélasser sous les platanes. A l’intérieur, les mosaïques au sol, les touches vintage du mobilier et les motifs abstraits de la grande fresque signée par l’artiste Julia Widmann viennent vitaminer la déco graphique des lieux.

L’escalier en colimaçon mène à la mezzanine en bois, où l’on peut se nicher dans un coin doté d’un grand canapé en cuir des années 1970. Dans la salle, des affiches de Jean Dubuffet font de l’œil à l’institution voisine, la Collection de l’art brut, car c’est justement grâce au don de l’artiste et collectionneur français que ce musée phare de Lausanne a vu le jour.

Le chef aux origines bulgares Branimir Gergov a concocté une belle carte aux influences balkaniques et orientales: du kyopolu, une salade d’aubergines et poivrons grillés saupoudrée de féta émiettée ou du houmous de lentilles rouges relevé au dukkah, ce mélange de graines, de noix et d’épices du Moyen-Orient. Ces inspirations se mélangent avec des produits du terroir: polenta et lentilles du Gros-de-Vaud, jambon cru d’Anniviers, féra du Léman, blochon de la Venoge, mais aussi avec de l’absinthe du Val-de-Travers qui parfume une crème brûlée. Une carte concise qui évolue au gré des saisons tout en offrant un large choix aux végétariens.

Une note particulière va au délicieux pain pita, chaud et moelleux, qui est fait maison tout comme les aguas frescas, des boissons rafraîchissantes à base de fruits, boostées avec des agrumes, du gingembre, des herbes fraîches ou des épices. Du trio des exploitants, c’est Alvaro, originaire du Venezuela, l’expert en boissons. Féru de mixologie, il a revisité le pisco sour en utilisant des notes fleuries d’hibiscus et a cherché, dans son cocktail signature Miss Lupita, l’équilibre idéal pour le mescal, cet alcool mexicain en vogue. Son goût très fumé est exalté par la pulpe épaisse de la mangue et se marie à merveille avec de la liqueur de fruit de la passion, du sirop de sucre maison, du citron vert et une petite note pimentée.


L’Auberge de Beaulieu, avenue des Bergières 15, Lausanne, tél. 021 683 03 03, ma-me 10h30-0h, je 10h30-1h, ve-sa 10h30-2h, di 10h30-18h, avec brunch sa et di 11-15h.

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