Lundi, le petit hameau de Bugnaux ne sera plus tout à fait le même. Christophe Ziegert s'en va et laisse la porte de son auberge définitivement close. Le chef avait réussi à créer sur les hauts de Rolle un endroit étonnant, poétique et créatif. A 71 ans, après trente-trois ans d'activité, il tourne la page. Et, depuis que les fidèles le savent, ils défilent tous pour un au revoir ému, «des familles entières», explique Hervé, le maître d'hôtel. Ce défilé de clients-amis, le téléphone qui ne cesse de sonner donnent à l'auberge une atmosphère étrange, un peu triste selon les moments, mais aussi chaleureuse.

Quoi qu'il en soit, il est illusoire de trouver une place ce week-end à l'Auberge de Bugnaux et y manger un dernier menu surprise, concocté selon l'offre du marché et l'humeur du chef. Depuis que le chef a annoncé son départ, l'auberge ne désemplit pas. «J'aimais bien ce lieu, dit une cliente, son côté zen. Il ne laissait personne indifférent, certains n'aimaient pas du tout. Pour ma part, j'en garderai un souvenir lumineux. La région perd une offre originale en matière de gastronomie.» Et Christophe Ziegert? Dans 24 heures, il annonce qu'il va s'installer à Lausanne. Et, qui sait, ouvrir une table d'hôte chez lui, ouverte selon son humeur bien sûr!