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Le Concept EQA, le premier véhicule entièrement électrique de Mercedes-Benz dans la gamme compacte.
© MediaPortal Daimler AG

Automobile

«L’enjeu électrique? Le rapport de l’autonomie et du temps de recharge»

Comme ses concurrents, Mercedes-Benz a présenté plusieurs modèles électriques au récent salon de Francfort. Interview du responsable de l'«E-Mobilität» de la marque à l’étoile

Jürgen Schenk est le responsable de la mobilité électrique chez Mercedes-Benz, où cet ingénieur est entré en 1980. Nous avons profité du salon automobile de Francfort (14-24 septembre) pour l’interroger sur la stratégie électrique du groupe allemand, qui a lancé une nouvelle marque dédiée, EQ.

Le Temps: Vous allez lancer vos modèles EQ dès 2019. Quelles seront leurs caractéristiques?

Jürgen Schenk: Nous dévoilons ici à Francfort un groupe propulseur électrique qui équipera les futurs véhicules de notre marque EQ. Il intègre plusieurs composants: une batterie dans le soubassement des voitures, des moteurs électriques sur les axes avant et arrière de manière à disposer, au besoin, d’une traction intégrale. La batterie est modulable: nous pouvons lui ajouter des éléments pour améliorer sa capacité énergétique, selon qu’il s’agit d’une petite Smart ou d’un grand SUV.

– Qu’en est-il de vos batteries lithium-ion? Qui les fabrique?

– Nous produisons nous-mêmes ces batteries dans notre usine de Kamenz, en Saxe. Leur chimie s’améliore d’année en année. Selon nos projections, leur capacité énergétique devrait doubler tous les cinq ans. Ce qui nous importe, c’est le client et ses attentes en matière de puissance, d’autonomie, de recharge. L’enjeu tient dans le rapport de l’autonomie et de la durée de recharge. C’est un point encore délicat: nous manquons d’une clientèle qui serait au bénéfice d’une longue expérience de la conduite électrique.

– Avez-vous des projections?

– Nous savons qu’un usage typique consistera à utiliser la voiture électrique sur de courtes distances pendant cinquante semaines par année. Dans ce cas, une recharge la nuit dans le garage sera suffisante. Une utilisation sur de plus longues distances ne se produira que pendant une dizaine de jours par an. C’est à ce moment-là que le besoin d’une recharge rapide se fera sentir. Nous ne cherchons pas la performance pour la performance, mais un équilibre entre diverses utilisations.

– Fin 2016, en Allemagne, les constructeurs et le gouvernement fédéral se sont entendus pour créer une infrastructure de recharge électrique dans le pays. Depuis cette déclaration d’intention, c’est le silence. Que se passe-t-il?

– Il y a un engagement réel de toutes parts. Le gouvernement investira 300 millions d’euros pour réaliser ce réseau, en ville comme sur autoroute. L’important est que ces installations soient adaptées à la nouvelle technologie électrique des véhicules, avec un mode de paiement facilité ainsi qu’un bon système de communication. Nous disposons d’une prise électrique standard, la CCS (Combined Charging Standard), progressivement adoptée par tous les constructeurs européens. Ces bornes rapides peuvent fournir une puissance de 50 kW. La prochaine génération de stations disposera d’une puissance trois fois plus importante. En termes d’autonomie, cela signifie qu’une recharge de quelques minutes sera suffisante pour parcourir 100 km. Nous travaillons déjà sur des bornes de troisième génération, de 350 kW, qui ne nécessiteront que 15 minutes de charge pour pouvoir effectuer 400 ou 500 km.

– Ce projet privé-public se concrétise-t-il?

– Une grande station publique est en cours de réalisation sur l’autoroute A8 à Zusmarshausen, près d’Ulm. Elle disposera de 144 bornes, avec la capacité d’effectuer 4000 recharges électriques par jour. Elle aura valeur d’exemple pour la création d’autres installations de ce genre. Nous avons affaire ici à une transformation progressive. Elle nécessite du temps. Personne ne s’attend à une rupture brutale d’usage. Ce processus prendra une dizaine ou quinzaine d’années pour arriver à maturation.

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