Un jour, une idée

Lever de voile sur un solaire chasselas neuchâtelois non filtré

Premier vin suisse de l’année, il est commercialisé comme le veut la tradition les troisièmes mercredi et jeudi du mois de janvier. Ambassadeur des vins du canton, ce breuvage à la couleur trouble surprend par sa fraîcheur et sa rondeur

Il est moins connu que le chasselas vaudois ou le fendant valaisan à l’échelle suisse, certes. Pourtant, le chasselas non filtré de Neuchâtel est l’ambassadeur des vignobles du canton. Et c’est le premier vin du pays qui se déguste, comme le veut la tradition, dès le troisième mercredi du mois de janvier. Sa fermentation tout juste achevée en début d’année, il est mis en bouteilles sans filtration finale. «Ce qui le distingue des autres, c’est sa couleur trouble. On l’aime pour sa fraîcheur et sa rondeur. Mais aussi les arômes fruités et les saveurs exotiques qu’offrent certains de ses terroirs», estime Yann Künzi, directeur de Neuchâtel Vins et Terroir.

Sa dégustation, ouverte à tous, est devenue une petite foire en soi. Après l’Hôtel de Ville de Neuchâtel mercredi, une trentaine d’encaveurs présentent leur millésime ce jeudi soir aux Anciens Abattoirs de La Chaux-de-Fonds, avec des produits du terroir. «Le non filtré 2018 est solaire. La variété de la palette des arômes révèle une année riche et complexe permettant à différents styles de s’exprimer, entre des vins gourmands et des nectars plus sveltes ou élégants», poursuit le directeur.

A l’image du non filtré 2018 de la Cave des Coteaux dans lequel Yves Dothaux, œnologue et responsable de l’encavage de l’Etat, découvre, «au nez, une palette d’arômes essentiellement exotiques, au nombre desquels une ronde d’agrumes et plus surprenant, des notes de jasmin et verveine indienne. En bouche, un vin svelte, tout en fraîcheur, avec un corps de ballerine pour un tour de danse entre fines bulles et arômes exotiques.»

Pour la petite histoire, son caractère typé s’explique par les lies de la fermentation alcoolique qui restent en suspension dans le breuvage. En 1975, après une récolte réduite, une petite quantité de vin a été tirée par celui qui est aujourd’hui considéré comme le père du Neuchâtel non filtré, le vigneron Henri-Alexandre Godet, aujourd’hui décédé. Il plut immédiatement et ce fut donc le début du succès de ce vin qui représente environ 10% de la production de chasselas du littoral.

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Neuchâtel non filtré 2018, dégustation publique, Anciens Abattoirs, rue du Commerce 122, La Chaux-de-Fonds, jeudi 17 janvier, 17h-20h.

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