Joaillerie

L'histoire de Tiffany en un abécédaire 

Dès sa fondation en 1837, le joaillier new-yorkais Tiffany & Co. a développé l’idée d’un luxe étincelant et accessible à tous. Un mélange de virtuosité et de pragmatisme typiquement américain. 

A comme argent massif 

En 1851, à la suite d’un accord 
avec un orfèvre new-yorkais, Tiffany & Co. devient la première entreprise américaine à faire de l’argent sterling (un alliage devant contenir 92,5% d’argent) une référence de pureté, norme ensuite officiellement adoptée aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ce métal précieux prête aussi 
bien ses reflets à de la vaisselle creuse qu’aux créations joaillières 
de la maison.

B comme bleu Tiffany 

Emblème de la marque, teinte des écrins et des campagnes publicitaires, ce turquoise léger a d’abord été utilisé en 1845 pour habiller la couverture du Blue Book, ce luxueux catalogue désormais dédié aux 
créations de haute joaillerie. 
La couleur aurait été choisie en raison de la popularité des turquoises au XIXe siècle.

C comme Charles Lewis Tiffany

Né dans le Connecticut en 1812, ce fils d’un industriel du coton a 25 ans et 1000 dollars en poche lorsqu’il ouvre, avec son ami John B. Young, Tiffany and Young, une petite boutique de souvenirs et de cadeaux au 259 Broadway, à New York City. Le jour de l’ouverture, le 14 septembre 1837, les ventes se montent à 4,98 dollars. Rapidement, l’entreprise va fleurir en se diversifiant. Charles Lewis en prend le contrôle total en 1853 et la renomme Tiffany & Co.

D comme diamant 

Tiffany & Co. se spécialise dans le diamant à partir de la révolution de 1848: présent en Europe, John Young acquiert les gemmes des nobles en fuite qu’il fait remonter à New York. Déjà surnommé le «roi du diamant» par la presse, Charles Tiffany fait exploser sa notoriété trente ans plus tard en achetant une pierre brute jaune de presque 300 carats à la Compagnie française de diamants du cap de Bonne-Espérance, le mythique Tiffany Diamond.

E comme Eugénie 

En 1887, Charles Tiffany a une idée de génie: racheter une partie des joyaux de la couronne vendus aux enchères par la Troisième République française, dont ceux de l’impératrice Eugénie. Rapatriés outre-Atlantique et transformés en créations d’inspiration très française, ces joyaux subjuguent une haute société new-yorkaise friande du bon goût parisien.

F comme Elle Fanning

Pour adapter son discours aux attentes d’une clientèle jeune et connectée, la maison a demandé à la jeune actrice américaine d’être l’héroïne de son dernier spot publicitaire, pastiche moderne du film Diamants sur canapé accompagné d’une bande-son hip-hop. La chanson est disponible sur Spotify et a déjà été téléchargée plus d’un million de fois.

G comme Frank Gehry

Au début des années 2000, le célèbre architecte (Musée Guggenheim de Bilbao, Walt Disney Concert Hall de Los Angeles) entame une collaboration avec le joaillier américain. Formes intrigantes, angles vifs et usage de matériaux inattendus comme l’or noir, l’agate brune ou l’opale blanche: les créations de Frank Gehry ont quelque chose d’étrange et de subversif.

H comme Audrey Hepburn 

L’actrice américaine restera éternellement liée à Tiffany: dans la scène d’ouverture du classique hollywoodien Diamants sur canapé (1961), son personnage, Holly Golightly, flâne à l’aube devant la célèbre vitrine du joaillier sur la 5e Avenue, robe de soirée Givenchy sur le dos et café-croissant à la main. En 2017, la marque a inauguré un restaurant au 4e étage de cette boutique, histoire de vraiment pouvoir y manger. 

J comme joaillerie 

A la suite de l’arrivée d’un troisième associé chez Tiffany and Young, Charles Tiffany – qui ne vend encore que des objets précieux – décide de se concentrer dès 1841 sur le marché de la joaillerie, quasiment inexistant aux Etats-Unis. L’idée est simple: proposer des collections de bijoux de luxe aux riches Américains, tout juste remis de la panique bancaire de 1837. Cette décision visionnaire assurera à l’entreprise le succès que l’on connaît.

K comme Reed Krakoff 

En 2017, ce designer américain est nommé Chief Artistic Officer de Tiffany & Co., c’est-à-dire qu’il supervise tous les aspects créatifs de la maison, de la conception des collections au choix des égéries en passant par la décoration des vitrines. C’est la première fois qu’un tel poste est créé au sein de la marque.

L comme Louis Comfort Tiffany 

Célèbre verrier, le fils de Charles Lewis Tiffany intègre l’entreprise familiale en 1902 en tant que premier directeur des créations. Il introduit le style Art nouveau dans le vocabulaire de la maison avec des bijoux inspirés des arbres, des fleurs, des insectes et des animaux. Ses broches et pendentifs en émail plique-à-jour sont aujourd’hui prisés des collectionneurs.

M comme montres 

Tiffany vend ses premières montres en 1847. Quelques années plus tard, la maison devient le premier détaillant américain de Patek Philippe, dont les produits sont aujourd’hui vendus dans neuf boutiques du joaillier outre-Atlantique. En 1874, Tiffany ouvre à Genève, sur la place Cornavin, un vaste atelier de fabrication. Depuis 2014, sa manufacture horlogère se trouve de nouveau en Suisse, à côté de Lugano.

N comme New York

L’histoire et l’image de Tiffany & Co. sont indissociables de la Grande Pomme, où cette marque viscéralement américaine a été lancée. Longtemps acquise au chic de la vieille Europe, la maison s’est de nombreuses fois essayée à une esthétique inspirée par l’architecture et l’énergie de New York, comme le prouve la récente collection Tiffany City Hardwear.

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P comme Elsa Peretti 

Dès le début de sa collaboration avec Tiffany en 1974, cette créatrice originaire de Florence révolutionne l’époque avec ses bijoux épurés et fluides, dont les courbes sensuelles font écho à un corps féminin de plus en plus libéré des carcans du patriarcat. Nombre de ses créations sont aujourd’hui de grands classiques, comme la manchette Bone.

R comme Franklin D. Roosevelt 

Quelques mois avant la fin du second conflit mondial, le président américain reçoit pour son anniversaire une montre Tiffany avec boîtier en or et gravée au dos de l’inscription: «A Franklin Delano Roosevelt avec loyauté, respect et affection. 30 janvier 1945.» Le dirigeant la portera lors de l’historique conférence de Yalta. Le modèle inspirera la CT60, une montre au design rétro lancée en 2015.

S comme Jean Schlumberger

Ce dessinateur de bijoux commence sa carrière en réalisant dans les années 1930 des pièces fantaisie pour la créatrice de mode Elsa Schiaparelli. En 1956, au faîte de sa gloire, le Français rejoint Tiffany. Il y déploie sa vision fantasque et colorée de la nature et des créatures marines et séduit rapidement Jacqueline Kennedy ou Elizabeth Taylor.

T comme temps

En 1853, Charles Lewis Tiffany s’est profilé en gardien du temps en faisant construire l’une des premières horloges publiques de New York City: une statue du titan Atlas portant un immense cadran, érigée sur la devanture de la boutique de la 5e Avenue. Les New-Yorkais réglaient leur montre sur cette horloge devenue une icône de l’histoire du joaillier.

U comme union

En 1886, Charles Tiffany révolutionne l’univers du mariage en lançant une bague de fiançailles dotée de l’emblématique «serti Tiffany»: une monture à six griffes qui disparaît pour laisser flotter le solitaire au-dessus d’un anneau et renforcer ainsi l’éclat du diamant. Précieuse mais pas chichiteuse, cette bague reste un best-seller aux Etats-Unis.

W comme Wildlife Conservation Network 

Cet organisme protégeant les espèces animales capte l’intégralité des recettes de Tiffany Save the Wild. Lancée en 2017, cette ligne de bijoux vient s’ajouter à la liste de mesures écoresponsables récemment mises en place par le joaillier: traçabilité de la chaîne de production ou encore emballages en matériaux recyclés. 

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