Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
n/a

Beauté

L’homme qui écoute les cellules

Il est le fils du créateur de la marque qui porte son nom. Il est aussi médecin et businessman. Rencontre avec le docteur Olivier Courtin-Clarins, qui consacre sa vie à la beauté des femmes

T: Parler de la marque Clarins, c’est parler de vous, de votre famille. Comment cet héritage perdure-t-il à travers le temps sans s’éloigner de ses valeurs fondatrices?

Olivier Courtin-Clarins: Clarins doit son succès à une valeur déterminante, la communication. L’écoute dans une famille amoindrit les tensions et contribue à abaisser les barrières. Grâce à cela, Clarins fait perdurer la philosophie de la marque de mon père, Jacques Courtin-Clarins. Ses valeurs, son désir de faire avancer la beauté et de la rendre plus vraie, plus nature. Le spa, les soins sont venus s’y ajouter. On nous reproche souvent un grand nombre de produits, mais ils reflètent la personnalisation de cet esprit de famille. Chaque femme doit pouvoir trouver son propre rituel et ce n’est possible qu’à travers l’écoute. Nous recherchons des plantes uniques, en respectant la nature. Nous choyons nos employés, nos fournisseurs et nos consommatrices. Nous ne promettons pas des miracles, mais nous essayons de prodiguer de nombreux conseils, même à travers des livres*. Ce sont des services qui expliquent notre succès: instaurer une relation de confiance au sein de la famille à transmettre ensuite aux femmes Clarins.

Comment avez-vous éduqué vos filles par rapport aux produits? Les avez-vous utilisées comme cobayes?
Mes filles étaient extrêmement proches de leur grand-père, avec lequel elles déjeunaient tous les dimanches. Il avait instauré un rituel qui servait à la transmission des connaissances et des enjeux de notre marque. Parce qu’il a eu deux fils, il avait avec elles une approche de la beauté différente. Grâce à ses petites-filles, il a bénéficié d’une écoute qui était pour lui idéale pour perpétuer sa philosophie… et leur faire tester les crèmes!

Comment était-il avec vous?
A moi, il a davantage transmis les connaissances médicales et à mon frère Christian, le penchant pour les affaires. Il a réussi à fédérer chaque membre de la famille, qui reste unie.

Vous venez d’être grand-père. La petite enfance est-elle pour vous un nouveau marché?
Nous y avons songé, mais notre circuit de distribution n’est pas le bon pour ce type de ligne. En revanche, nous connaissons parfaitement la phase de l’adolescence.

A partir de quel âge devient-on une femme Clarins?
Nous ciblons les jeunes filles dès 16 ans, la période plus délicate, et jusqu’à plus d’âge! Il faut qu’elles se sentent attirées et satisfaites dans leurs questionnements, tant par l’écoute et la disponibilité du club Clarins [un forum en ligne permettant aux clientes d’interagir avec la marque et d’autres consommatrices au sujet des produits, ndlr] que par l’aspect et la qualité des produits. Entre les changements hormonaux et les imperfections, la ligne se doit d’être complète.

Dans une actualité où prédomine la chirurgie esthétique, comment inverser la tendance et éduquer les femmes à ne pas y avoir recours trop tôt?
Si je travaille sur la qualité peau, le chirurgien, lui, va en modifier la forme. Les activités peuvent aller de pair, je contribue à retarder le processus de détérioration du tissu cutané afin que l’intervention du chirurgien soit optimale. Mais les marques de la vie font partie de l’expression et du caractère, elles ont leur importance sur un visage.

Vous prônez des valeurs plus simples?
Oui, je suis personnellement pour des valeurs plus simples. Mais je peux comprendre que des femmes veuillent avoir recours à des interventions car aujourd’hui la séduction, la beauté et le bien-être passent fortement par l’aspect physique.

Vous venez de lancer le «double sérum». Quels sont ses atouts?
Nous savons depuis longtemps que les cellules se parlent, mais la vraie découverte scientifique consiste à avoir compris de quelle manière elles procèdent. Avec le «double sérum», nous avons identifié la zone de la membrane cutanée qui sert de microdomaine lipidique dont le rôle de récepteur permet à la cellule d’entendre les messages de l’environnement. Avec l’âge, les cellules diminuent, provoquant l’altération des cinq fonctions vitales de base: la régénération, l’oxygénation, la nutrition, l’hydratation et la protection. La vitalisation des molécules clés pousse les cellules à entendre leurs besoins. L’ajout du curcuma constitue l’atout majeur car il est la seule plante capable de communiquer avec son environnement.

Vous avez également créé les Skin Spa. Comment envisagez-vous leur développement?
Pour le groupe, les Skin Spa représentent un axe très important. A l’intérieur de ces spas, nous misons sur une formule qui s’appelle Open Spa, dans laquelle un espace ouvert permet au public d’assister à des traitements du visage. En Suisse, un seul est ouvert à Zurich, depuis septembre 2016. Ce concept est semi-privatif, modifiable à bien plaire, car nous souhaitons rester à l’écoute pour préciser les besoins. Le but serait d’en ouvrir deux à trois cents dans le monde.

Point de vue business, vous avez signé l’acquisition des marques Thierry Mugler puis Azzaro… Allez-vous poursuivre votre expansion?
Beaucoup de choses bougent dans le milieu de la cosmétique, en particulier en ce qui concerne le maquillage, donc nous observons les mouvements. Dernièrement, nous avons tenté des acquisitions qui n’ont pas abouti et nous avons cessé le système de licences, au profit de rachats, le cas échéant.

Et en ce qui concerne les soins hommes?…
Nous continuerons de les développer. Un produit innovant est prévu pour le printemps 2018. Il sera adapté aux hommes. Il s’agit d’un produit qui n’existe pas dans la ligne féminine et qui n’est pas pour la barbe, mais, oui, pour le visage…

Et vous, quel est votre rituel beauté?
Il est constitué de trois axes: cosmétique, alimentaire et sportif. Le plus simple reste le nettoyage de la peau le matin et le soir et… mon «double sérum», bien sûr. J’aime les hydratants Clarins, homme et femme d’ailleurs! J’utilisais le gel Clarins Men et maintenant, je triche avec Hydra-Essentiel!

* «Belle dans mon assiette», d'Olivier Courtin-Clarins, avec des illustrations de Fabienne Legrand, Editions du cherche midi, 2017.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo lifestyle

Les secrets d'un dressing minimaliste

«Moins, c'est mieux», y compris dans sa garde-robe. En collaboration avec responsables.ch, la blogueuse et auteure de «Fashion mais pas victime» Mélanie Blanc vous donne ses conseils pour acheter modérément et rester branché.

Les secrets d'un dressing minimaliste

n/a