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Les deux bâtiments de l’Hôtel des Patients depuis l’ouest.
© Brauen Wälchli Architectes, Marc Schellenberg

Extension

A l’hôpital comme 
à l’hôtel

A Lausanne, le CHUV inaugure un édifice d’un genre nouveau pour désengorger les services des soins aigus. Le bureau Brauen Wälchli Architectes 
a opté pour une paire 
de bâtiments modestes, enveloppés d’une peau frémissante

Pour accéder au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) depuis le centre-ville de Lausanne, il faut arpenter la rue du Bugnon. Au nord du bâtiment principal se dresse le remarquable Hôpital Nestlé, construit dans les années 1930 par Georges Epitaux. Juste derrière, deux bâtiments sont sortis de terre en seulement seize mois et accueillent depuis quelques jours leurs premiers utilisateurs. L’Hôtel des Patients, édifice d’un genre nouveau – à la fois hôtel et unité hébergeante du CHUV –, a pour objectif de désengorger les services des soins aigus en logeant en priorité des malades, accompagnés ou non de leurs proches, mais aussi quiconque désire y passer la nuit (LT 23 juin 2015).

Le projet a germé en 2012, lorsque la société privée zurichoise Reliva a démarché plusieurs hôpitaux en Suisse, en s’inspirant d’un modèle existant dans la ville allemande de Mannheim. Le CHUV a été séduit, et quatre ans se sont écoulés jusqu’à l’achèvement du projet qui aura coûté quelque 33 millions de francs. Un laps de temps très court, si l’on considère que le projet est le fruit d’un partenariat entre différentes entités: Reliva, pour la gestion hôtelière, l’Etat de Vaud, qui a mis le terrain à disposition, Retraites Populaires (l’investisseur et le maître d’ouvrage), et le CHUV.

Façade organique

Pour ce nouvel Hôtel des Patients, le bureau lausannois Brauen Wälchli Architectes a joué la carte de la sobriété. Sa construction, loin d’une architecture spectacle, est dépouillée et délicate. Les volumes sont simples, mais quelque chose frappe d’emblée: leur peau frémissante qui attrape la lumière et souligne leur caractère organique. «Le calepinage de la façade est réglé au millimètre près», explique Doris Wälchi, qui a accompagné la construction. Les panneaux de tôle étirée thermolaquée couleur taupe donnent un aspect tissé aux bâtiments, comme si des pans de textiles avaient été rigidifiés. La forme fait écho à la fonction, «l’enveloppe rappelle une couverture de lit dans laquelle on se pelotonne».

Chez Brauen Wälchli, on se méfie du style architectural comme une fin en soi. Pour l’Hôtel des Patients, la volumétrie des blocs et leur implantation découlent directement du programme et des contraintes: l’obligation de densifier le site et la topographie accidentée du terrain. Le choix de l’implantation a d’ailleurs permis aux architectes lausannois de remporter le mandat d’études parallèles sur invitation. «Nous avons interprété différemment le règlement communal et avons proposé de construire à la limite de la parcelle, sur le front de rue. De cette manière, nous pouvions dégager davantage de surface utile», observe l’architecte. Ici, le rapport à la topographie est plus important que le contexte du bâti environnant. «La double pente du terrain a constitué un défi majeur. Imaginez, deux étages entiers séparent le bout du premier bâtiment à l’extrémité du second. La cour intérieure qui lie les deux édifices est la seule surface extérieure plane.»

Des patients et des touristes

En termes de programme, l’Hôtel des Patients comprend 114 chambres dont 105 réservées au CHUV, un centre de soins, un restaurant au premier étage et un patio au rez-de-chaussée. Des surfaces réservées à l’hôpital accueillent également des bureaux et des espaces de consultation pour l’endocrinologie. Au rez-de-chaussée du premier bâtiment, la Crêperie bretonne – qui louait déjà un espace dans l’ancien bâtiment – a investi les nouveaux lieux et rouvert au début du mois.

Il existe quatre types de chambres: la moitié destinée à tous les patients, quelle que soit leur assurance, accompagnés ou non (un lit est rangé sous le lit principal). Le reste pour ceux qui sont au bénéfice d’une assurance privée ou semi-privée – chambre famille ou supérieure. Si un touriste souhaite loger à l’Hôtel des Patients, il devra débourser entre 140 et 265 francs – le prix est conforme à ceux du marché.

Vue couché

Le concept architectural repose en partie sur les percements. «Les personnes hospitalisées restent la plupart du temps alitées. Il était donc primordial de leur offrir une belle perspective depuis leur lit. Nous avons imaginé des fenêtres plus basses qu’à l’habitude qui permettent une vue sur le lointain tout en étant couché», continue Doris Wälchli. Seul le ventail latéral, protégé par la plaque de tôle étirée de la façade, peut être ouvert. Petite particularité, les fenêtres sont habitables: devant elles se déploie une banquette en bois pour regarder la vue – la ville en contrebas, la forêt de Sauvabelin – ailleurs que depuis son lit.

De l’extérieur, ces ouvertures ont aussi toute leur importance. En perçant les angles, la massivité des volumes est allégée. Et puis, le mur qui ceint la cour intérieure est lui aussi percé d’une ouverture rectangulaire qui – clin d’œil à la fenêtre extérieure de la Petite Maison de Le Corbusier – permet de cadrer la vue en masquant les bâtiments d’à côté, «histoire d’avoir juste le dégagement sur le lac et les Alpes en face», reprend Doris Wälchli. «Souvent dans les hôpitaux, tout est tellement inesthétique et la technologie médicale est omniprésente. Ici, par contre, le cadre paisible et l’ambiance calme de l’architecture vont aider les patients à se rétablir rapidement.»

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