Il porte le nom de la ville où il se trouve, écrit en lettres lumineuses sur sa façade meringuée. Juste en face du Bon Marché, le Lutetia brille désormais dans la catégorie des palaces parisiens. Un club très fermé qui ne compte que 12 membres et dont il est le seul à se pavaner sur la rive gauche.

Situé dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, l’hôtel appartient à l’histoire de Paris. Publié en 1883, le roman Au bonheur des dames d’Emile Zola racontait l’émergence des grands magasins. Et de cette nouvelle fièvre acheteuse dont le Lutetia est une conséquence inattendue. L’écrivain s’inspire alors d’Aristide Boucicaut, propriétaire du Bon Marché depuis 1863. L’ancien employé de vente a la bosse du commerce. Sa femme aussi. Marguerite Boucicaut cherche le moyen d’attirer la riche clientèle venue de province et de l’étranger. En 1910, elle fait donc construire un hôtel pile en face de l’entrée de son grand bazar pour offrir le gîte et le couvert à ce public qui n’a plus qu’à traverser la rue pour dépenser sans compter. Elle le baptise Lutetia, le nom de Paris à l’époque romaine.