Un jour, une idée

L’huître se déguste en boîte de nuit ce jeudi à Genève

Les soirées itinérantes Blue Oyster Laser Bar transposent le plaisir ostréicole dans un contexte festif. A découvrir au Motel Campo

Sa teneur élevée en zinc et en sélénium a fait sa réputation d’aliment aphrodisiaque: trois huîtres de taille moyenne fourniraient 100% des apports journaliers recommandés, sans parler de leur apport en phosphore, calcium, cuivre, magnésium et oméga 3. Si le cadre qu’on associe spontanément aux huîtres est celui d’une brasserie, d’un restaurant huppé, le trésor iodé débarque sur les pistes de danse grâce à un duo genevois.

Dans un esprit délicieusement décalé, Antoine Berthier, artisan, et Peter Stoffel, artiste peintre et DJ, plongent les huîtres dans une ambiance plus cosmique. Ils s’invitent dans les clubs pour animer la nuit avec leur musique et leur bar à huîtres. Commencées en 2011 de manière confidentielle dans les milieux culturels alternatifs genevois, les soirées Blue Oyster Laser Bar sont de plus en plus courues. Leur apparition extravagante a d’ailleurs ponctué de nombreux festivals genevois comme Antigel et Kino Kabaret, mais aussi le festival de musique classique de Verbier et celui du film fantastique d’Avoriaz.

Antoine au couteau et Peter aux platines: ils imprègnent à chaque fois un nouveau lieu avec leur sens unique du deuxième dégré. Haut en lumière et en couleur, leur bar sert exclusivement des huîtres Gillardeau N°3, prestigieuse maison du bassin de Marennes-Oléron en Charente-Maritime, active depuis plus de cent ans. «Nous avons fait des milliers de tests, assure Antoine, mais, pour nous, les Gillardeau sont imbattables en termes d’arôme et de consistance. Elles sont moins salées, d’où leur goût plus subtil.» Leur chair voluptueuse et leur saveur à la fois minérale et végétale sont effectivement réputées, au point que leur coquille est désormais systématiquement marquée au laser de leur «G» emblématique pour éviter toute contrefaçon.

Quant au registre musical, Peter honore un groove lent, hypnotique et psyché: «La plupart des DJ sont trop pressés de faire danser les gens et cela se ressent dans la qualité du set. Pour moi, il est capital de construire un voyage musical basé sur une progression lente. Je parle souvent d’easy listening pour évoquer de manière générale une musique électronique qui s’octroie des incursions d’exotica ou d’italo disco. J’aime débuter avec des morceaux inattendus, plus complexes, plus intellectuels.»

Cette semaine, le Blue Oyster Laser Bar fait escale au Motel Campo, une discothèque du quartier des Acacias à Genève. Dégustation et danse débutent à 19h – des tables peuvent être réservées jusqu’à mardi soir – et se poursuivent jusqu’à 2h.


Blue Oyster Laser Bar au Motel Campo, route des Jeunes 13, Genève, jeudi 7, entrée libre, réservations et informations: blueoysterlaserbar@gmail.com. Tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».

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