L’action se passe à l’intérieur ou autour d’une automobile très ancienne, type 1900-1902. Carrosserie énorme (double phaéton arrangé sur le tard en simili-torpédo, grâce à des tôles rapportées). […] Pendant une partie de l’acte, l’auto se déplace. On part des abords d’une petite gare pour s’élever ensuite le long d’une route de montagne. [...] «La route ne cesse de s’élever jusqu’à Saint-Maurice. A pied, avec tous ces bagages, le trajet serait terrible. En auto, c’est un enchantement.»

Ce manifeste automobile, c’est Madame Parpalaid, dans le Knock de Jules Romains, qui le proclame, au début de la célèbre pièce de théâtre de 1923.

Parmi les besoins fondamentaux de l’être humain, figure la liberté de mouvement. Ce numéro s’interroge sur l’un de ses pendants: la mobilité. Il fait la part belle à la course, car les circuits sont le laboratoire de la mobilité. Traque au poids superflu, amélioration des performances du moteur – et donc de la consommation dans les déclinaisons de grande série –, propulseurs alternatifs, aérodynamique, pneus, etc. C’est d’abord là, sur les paddocks, qu’on invente et éprouve l’auto de demain.

Il y a d’abord la course du passé. Celle de l’époque des héros comme Jackie Stewart, ou comme on la menait aux 24 Heures du Mans en Ford GT40 dans les années 60. Ou encore celle, mythique, que René Arnoux livrait contre son ami et concurrent Gilles Villeneuve à Dijon-Prenois, l’une des plus célèbres de toute l’histoire de la F1.

Les vieilles voitures: pourquoi cette obsession pour le patrimoine? De Pebble Beach au Mans Classic, les ­concours d’élégance et autres manifestations de passionnés sont autant d’événements qui célèbrent la mémoire du vecteur premier de notre liberté. Le patrimoine, aussi à Cuba: sur l’île caraïbe, malgré l’ouverture du marché, les Cubains continuent de rafistoler leurs vieilles américaines, par nécessité, dans un musée à ciel ouvert.

Mais aussi la course du futur. Par exemple celle que mènent les sorciers de Radical, une marque anglaise qui transforme des moteurs de moto ou de voitures économes de grande série en véritables foudres de guerre. Une inventivité qui en dit long sur le potentiel d’amélioration futur des moteurs thermiques traditionnels.

Et plus loin, plus vite: la Formule E, la monoplace électrique. Nous avons suivi la première manche de ce nouveau championnat du monde voulu par la Fédération internationale de l’automobile (FIA), pour en expliquer les enjeux.

A découvrir enfin, notre grande interview, qui interroge sur notre rapport citoyen à la mobilité, en mettant en perspective les impératifs écologiques et la réalité économique.