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élégance américaine

«L’obsession de la culture physique»

Alan Flusser, l’auteur de «Dressing The Man», décrypte le style «Ivy League»

Le Temps: Le style «Ivy League» occupe une place particulière dans l’élégance américaine. Comment est-il né? Alan Flusser: Après la Première Guerre mondiale, les Américains recherchèrent une nouvelle identité, en raison de leur côté extraverti, et l’occasion de se tourner à nouveau vers le monde des loisirs. Une nouvelle identité qui germa avec succès et une certaine forme de snobisme dans le milieu privilégié de l’élite américaine des universités privées de l’Ivy League (lire ci-contre), où la mode des habits sport chic a pris ses racines.

Comment ce style a-t-il franchi les portes d’un milieu aussi élitiste, au point de se retrouver copié partout? Cette mode athlétique comprenait à la fois le côté confortable et décontracté qui, couplé avec l’obsession de la culture physique, la rendait très attirante. Le statut social des athlètes était proportionnel à l’augmentation des programmes sportifs qui fleurissaient et à leur importance dans le système scolaire. Ainsi les tenues des athlètes sortirent du milieu sportif pour envahir les campus et les villes. L’Angleterre de Savile Row fut très vite oubliée par les générations des aînés qui flânaient entre l’Europe et les Etats-Unis. Toutefois, contrairement aux aristocrates anglais qui préféraient les manteaux à cape cintrés, le sang bleu américain préférait le camouflage confortable des Brooks Brothers.

Pour quelle raison le style «Ivy League» a-t-il supplanté l’héritage de Savile Row et du Vieux Continent? Le style «Ivy League» fut le premier véritable défi de la jeunesse américaine sur la longue domination anglaise du vêtement masculin. Compte tenu de la structure sociale fluide du pays et son attitude plus nonchalante envers l’apparence vestimentaire, les Américains étaient les plus aptes à rapidement intégrer dans leur vie quotidienne ces nouvelles tendances. Les Anglais, eux, restaient trop attachés aux différences entre les classes sociales. Les jeunes aristocrates américains s’emparèrent du tweed, le transformèrent à la sauce des campus universitaires, l’assimilèrent, dans la foulée, au vêtement sportif, pour en faire un habit de tous les jours.

Sous quelle forme se retrouve cet héritage «preppy» dans la mode actuelle? La sensibilité du style «Preppy», pour les traditionnels ou les adeptes des modifications et rebondissements, a transcendé sa provenance élitiste pour se fondre dans un amalgame d’influence mondiale multiethnique. Certains peuvent attribuer cette dernière réincarnation à l’initiative de Michael Bastian ou Thom Browne, ou au lancement des marques orientées par leur héritage comme Lacoste en France ou Abercrombie & Fitch aux Etats-Unis. > LE STYLE «IVY LEAGUE» Début des années 20: un nouvel idéal de style apparaît chez les hommes de la haute société américaine, les WASP, les Blancs protestants anglo-saxons. Ils affichent un style vestimentaire décontracté mais qui reflète leurs privilèges et leur position d’élite sociale. Ils panachèrent pour cela leur uniforme d’école, celui des huit universités privées du nord-est des Etats-unis, la «Ivy League» (Yale, Harvard, Princeton, Cornell, Columbia, Brown, Pennsylvanie, Dartmouth College). Ils combinèrent leurs uniformes et leurs tenues d’apparat aux habits de tous les jours. Ils réussirent à assouplir les symboles élitistes et conservateurs grâce à une forme de nonchalance. Ce style unique porte le nom de «preppy» (diminutif de «preparatory», les écoles préparatoires aux grandes universités) ou «Ivy League». La cravate club, le col de chemise button-down, le blazer ou encore le madras (un tissu patchwork venu d’Inde), le seersuckers (le coton gaufré des costumes d’été), le pantalon chino, sont quelques-unes des pièces phares de ce vestiaire.

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