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Un jour, une Adresse

L’Odéon à Genève, le paradis d’un enfant de la balle

Style, caractère, décontraction à l’enseigne d’une «cuisine du réel» qui enchante: c’est l’Odéon à Genève. En prime, parfois, des soirées en musique magiques!

Un jour, une idée

L’Odéon à Genève, le paradis d’un enfant de la balle

Une étymologie qui remonte au siècle de Périclès. L’Odéon genevois, à l’instar de celui de Paris, a trouvé son nom dans la proximité des théâtres. On applaudit au renouveau de ce beau bistrot. L’esprit des lieux et de la carte a trouvé du style et du caractère, et cette structure dans la décontraction, qui ne s’improvise pas. Faire rimer qualité et simplicité est un métier. Et, pour Christophe Thuet, cela commence tôt.

Il grandit en Champagne, où son père est chef de cuisine au Trianon, la prestigieuse résidence de Moët & Chandon. On n’y accueille «pas des clients, mais des invités», illustres pour la plupart.

L’exigence paternelle fixe à jamais la barre très haut. L’enfant de la balle aura ses révoltes – il se raconte joyeux cancre à l’école – et ses ténacités: se voulant irréprochable, il se pliera à la discipline pour apprendre auprès des meilleurs. Mais un jour, à la manière d’un sociétaire de la Comédie-Française prenant son essor à la Gaîté-Montparnasse, c’est la révélation: ce qu’il aime vraiment, c’est le bistrot, «presque un autre métier». C’est au Milan, le premier italien de Genève, que Franco le convertit définitivement. Après un an, il se voit confier les rênes de la vénérable maison, qui connaîtra avec lui de grandes années.

Du Milan, il a rapporté à l’Odéon son plat fétiche, une escalope milanaise à tomber, dont la réussite doit beaucoup à la qualité du veau, irréprochable, mais surtout à son incomparable panure.

Le sourcil froncé de ce faux bougon s’éclaire lorsqu’il évoque la vieille machine qui fabrique une chapelure fine comme de la poudre d’or. Un trophée et un fétiche (l’engin a son âge: 1969). Il l’a emporté avec lui en quittant l’établissement en 2008. «Une année noire», il faut repartir à zéro, dans cet Odéon que la clientèle semble avoir déserté. Mais Christophe Thuet a du souffle, du nerf et de l’inspiration. Il se fixe un objectif, proposer une gamme de plats de cuisine française, faits maison, au prix de la pizza. Il travaille avec acharnement, établit des rapports cordiaux avec des fournisseurs locaux, mise tout sur le terroir, notamment les vins genevois, et peaufine une carte chaleureuse et inventive.

Et puis, en 2010, il décide de revisiter le burger, en remplaçant tous les éléments américains par de bons produits traditionnels. Il est le premier sur la place, et le plat, très maîtrisé, fait un tabac. Il négocie bien le virage dangereux qui suit les triomphes, et c’est maintenant toute l’étendue de sa savoureuse «cuisine du réel» – rien de surfait, rien de négligé – qui enchante. Aujourd’hui, Christophe Huet est heureux, et fier, de son équipe avec laquelle il veille au bien-être d’une clientèle «extraordinaire». Certains soirs, des amis musiciens s’installent au piano, à la guitare, et c’est magique. Pas de doute, chez les Thuet, on sait recevoir.

L’Odéon, boulevard Saint-Georges 60, 1200 Genève. Ouvert du mardi au vendredi midi et soir, et le samedi soir – réservation au 022 328 55 98.

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