Un jour, une idée

Et si l’on faisait du théâtre, mais en russe?

Dans son école à Carouge, Tatiana Fleischmann met en scène la culture russe. Pour le bonheur et la mémoire des expatriés

«Que se passerait-il si on enlevait aux enfants d’aujourd’hui leurs téléphones portables? Qu’arriverait-il si ces enfants se retrouvaient dans le passé? Que répondraient-ils alors à la question: qu’est-ce qu’une cour?» Voilà les questions que pose La Cour, un spectacle musical d’origine russe qui parle de l’avant, du pendant et de l’après-Seconde Guerre mondiale, pièce fétiche de la troupe de théâtre de Tatiana Fleischmann, à Carouge. Un plaidoyer pour qu’aucun conflit, jamais, ne justifie les morts. Sur scène, des étudiants de tous âges. Depuis environ dix ans, la comédienne et chanteuse russe, qui a la passion de transmettre, organise ses cours et mène sa troupe de théâtre à la baguette.

A l’école de théâtre et d’expression russe Crescendo – qui s’adresse à tous, pas besoin d’être russophone – on apprendra à réciter des pièces du répertoire en langue russe, Leonid Filatov ou Shakespeare. On y apprendra à danser la valse, les variations tsiganes et même le quadrille, à chanter les titres de Boulat Okoudjava, le fameux chansonnier soviétique, Notre-Dame de Paris mais aussi Michael Jackson, en anglais. Ou, enfin, à improviser.

La force de ce théâtre? D’abord de permettre aux enfants russophones habitant en Suisse de ne pas oublier leur langue maternelle tout en développant des capacités artistiques. Mais pas seulement. Les adultes y trouvent aussi leur plaisir, et le travail débouche régulièrement sur une représentation publique, la prochaine en septembre.


Happy Island, Ecole des arts Crescendo, troupe de théâtre russe, 15-17, rue du Tunnel, Carouge (GE), www.rmsg.ch/fr

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