Le lac est bleu, les plages sont de sable fin, le soleil se glisse derrière les 2132 mètres du Mont-Pilate en fin de journée. Cette carte postale, qui ressemble à s’y méprendre à un bout de côte bordant la mer, c’est Lucerne: une cité d’un peu plus de 80 000 âmes, habitée depuis les temps préhistoriques et nichée tout au bout du lac des Quatre-Cantons dont elle constitue le port d’attache. Car à Lucerne, la mer n’est finalement pas si loin. La ville ravira tous ceux qui souhaitent s’échapper en amoureux ou entre amis, le temps d’un week-end, dans un décor estival pour se sentir enfin en vacances, les pieds dans l’eau, un cocktail à la main.

Kaléidoscope suisse

Il faut prendre le train un peu plus de deux heures depuis Lausanne pour débarquer dans cette ambiance hors du temps, où nature et culture s’entrelacent, où le bleu du lac et le blanc des montagnes enneigées toute l’année se font face. Car Lucerne, c’est tout ça à la fois, un véritable kaléidoscope de la Suisse qui fait de la ville une escale privilégiée des touristes du monde entier. Dans le centre, le Kapellbrücke, pont de la Chapelle en français mais plus connu sous le nom de «pont de Lucerne», rappelle aux voyageurs l’histoire médiévale de la ville avec sa «tour d’eau» en son centre, construite en 1300. Ce pont en bois, l’un des sites les plus photographiés de Suisse, relie aujourd’hui le théâtre de Lucerne sur la rive sud de la Reuss à la chapelle Saint-Pierre sur le Rathausquai. Son caractère unique? Des panneaux triangulaires, peints à l’huile au XVIIe siècle et répartis sur toute la longueur du pont, retracent le destin de la Confédération. En août 1993, le pont s’embrase et l’incendie provoque sa destruction presque totale. Il sera reconstruit un an plus tard, à l’identique.

Ville de contrastes

A cinq minutes à pied du pont, un contraste étonnant se forme, car ici trône la salle de concert avant-gardiste KKL (Kultur und Kongresszentrum Lunzern). Construit il y a un peu plus de 20 ans et dessiné par l’architecte français Jean Nouvel, le palais de la culture et des congrès fait la fierté des habitants de la ville alémanique et se distingue par une caractéristique spectaculaire: Jean Nouvel a introduit de l’eau dans la structure, la faisant ruisseler entre les trois parties du bâtiment. Car l’eau, c’est l’élément indissociable de cette ville.

Pour le comprendre, peut-être faut-il commencer par flâner à pied près du lac. De la gare, passez devant les embarcadères et traversez le pont Seebrücke qui mène au Schweizerhofquai et au Nationalquai séparés par le pavillon de la musique. Devant ce pavillon, des concerts, des terrains de pétanque et une vue magnifique sur Mont-Pilate qui semble veiller paisiblement sur la ville. La balade se poursuit jusqu’au Lido, lieu de baignade préféré des Lucernois. Cette plage de sable de 300 mètres est la plus grande et la plus ancienne de la ville, puisqu’elle faisait déjà fonction de lieu de baignade avant son ouverture en 1929! Ce lieu ravira autant les frileux que les sportifs puisqu’il offre un bassin chauffé de 25 mètres et six terrains de beach-volley.

Baignade urbaine et aventures en altitude

Le Lido est loin d’être le seul spot de baignade de Lucerne. En rebroussant un peu chemin, l’on tombe sur le Seebad, entre le Grand Casino et l’hôtel Palace. Cette installation construite par l’architecte lucernois Heinrich Viktor von Segesser a le charme d’antan et permet d’admirer les plus beaux couchers de soleil derrière le Mont-Pilate. Le petit plus? Les cours de yoga, pour se détendre et se sentir enfin en vacances! Et ceux qui préfèrent profiter du lac depuis… le lac, ne seront pas en reste. Pédalo, paddle et autres croisières permettent d’admirer «la ville des lumières» et de contempler le lieu d’origine de Guillaume Tell. Promenade nocturne sous les étoiles, par une douce nuit d’été ou balade en bateau à roue, témoin de l’époque de l’Art nouveau de Lucerne, il n’est pas difficile de saisir la dimension historique du lac des Quatre-Cantons en s’y baladant. Car ce lac, dont le nom désigne les quatre contons historiques qui l’entourent, a longtemps été le principal axe de circulation de la région et sa flotte de bateaux à vapeur est la plus grande d’Europe pour un lac intérieur. Jusqu’en 1863, il était même la seule voie commerciale vers le col du Gothard. En hiver, le bateau permet de relier Lucerne aux stations de ski de Klewenalp et du Rigi, et en été d’accéder à de nombreuses excursions et remontées mécaniques de la région.

Car des excursions, Lucerne n’en manque pas. Le chemin de fer le plus escarpé du monde grimpant vers le Mont-Pilate n’est qu’un exemple parmi d’autres. Trente minutes de voyage permettent de relier Alpnachstadt au Mont-Pilate avec une pente atteignant presque les 50%. En haut, de nombreux sentiers de randonnée ou de VTT permettent de se dégourdir les jambes et Fräkmüntegg, le plus grand parc aventures de Suisse centrale, offre sa dose d’adrénaline.

En été, le Blue Balls Festival

Il est déjà temps de redescendre sur terre ou, plutôt, à Lucerne. Dans la vieille ville, les petites ruelles pavées se suivent et font la part belle aux petits magasins pour une virée shopping. Pas de voitures, de belles demeures ornées de fresques et des terrasses de restaurants ou de bars à vin se succèdent pour le plus grand plaisir des yeux et des papilles. Cette année, pour toute réservation de chambre dans un hôtel de la ville auprès de l’office de tourisme, une CityCard d’une valeur de 50 fr. sera offerte et pourra être utilisée dans un nombre incalculable de commerces. Côté culture, outre les musées, le Blue Balls Festival prendra ses quartiers du 23 au 31 juillet. Durant ces neuf jours, la ville de Suisse centrale sera transformée en capitale de la créativité. Au programme? Cent vingt événements autour de l’art, du cinéma, de la musique ou de la photographie avec comme point névralgique le KKL. Ne vous étonnez pas de ne plus avoir envie de repartir.


En savoir plus : www.luzern.com/tourdepassepass