Le maltage sert à transformer en le simplifiant l’amidon de l’orge en sucres moins complexes, pour favoriser la fermentation et la transformation des sucres en alcool. Seules six distilleries pratiquent encore en Ecosse de façon traditionnelle cette opération longue, pénible et coûteuse. Dix pour-cent de l’orge utilisée chez Laphroaig sont maltés sur place. Le reste provient de la malterie industrielle de Port Ellen, sur l’ìle. Le maltage se déroule en trois temps. Le trempage: pour qu’elle entame sa germination, on apporte à l’orge de l’eau (en la trempant plusieurs fois) et de l’oxygène. Une étape qui dure entre deux et trois jours. La germination: l’embryon de la future plante se nourrit de l’amidon contenu dans l’enveloppe de la graine. L’orge humide est alors étalée dans un hangar sur le sol, l’aire de maltage, peu exposée à la lumière. Epaisse de 30 centimètres, la couche d’orge qui transforme son amidon en sucres simplifiés produit beaucoup de chaleur. Elle doit être aérée constamment, retournée à l’aide de râteaux, de charrues et de pelles en bois par les maltmen . Après six à huit jours, il faut stopper le processus de germination des graines, en les séchant. Le touraillage: dans un four surmonté d’une cheminée en forme de pagode, l’orge est séchée à l’air chaud. Sur l’île d’Islay, et donc chez Laphroaig, on utilise un feu de tourbe pour cette opération délicate durant laquelle la chaleur doit être constante, ni trop faible ni trop importante. Ailleurs, on utilise du charbon ou de l’air chaud pulsé par des brûleurs alimentés au fuel. L’intensité du feu de tourbe ainsi que sa durée ont une influence considérable sur l’arôme du futur whisky, et lui donnent ses notes fumées caractéristiques.