Des lunettes rondes. Une chevelure touffue. Un crayon. Tels pourraient être les éléments essentiels d’un portrait de Mario Botta. Auxquels il faudrait ajouter une aura dorée, comme celle qui inonde les 26 édifices religieux qu’il a imaginés pour la plupart des religions du monde. A 77 ans, l’architecte tessinois n’est pas près de s’arrêter, la création étant son moteur de vie. Et le thème du sacré reste un jalon puissant de son œuvre. Il construit actuellement la basilique de Notre-Dame-du-Rosaire, en Corée du Sud, sa plus grande église, pouvant accueillir 2600 fidèles, et une mosquée en Chine complétée par une aire commerciale. Des réalisations en briques qui ont en commun d’énormes cylindres, des prismes rectangulaires, autant de formes géométriques censées capturer la lumière, véritable élément d’architecture selon lui. On la retrouve aussi pénétrant de part et d’autre le long et haut bureau de Mendrisio, qui évoque, de par sa dimension et son austérité, les murs du sacré. C’est ici que nous avons rencontré l’architecte. Avant de poursuivre la discussion autour d’une assiette d’orecchiette al ragù dans l’un de ses grotti bien aimés.

T Magazine: Comment avez-vous vécu le confinement et l’arrêt de vos grands chantiers en Asie?