La province de Mendoza concentre 70% des 210 000 hectares de vigne que compte l’Argentine. Située à 1000 kilomètres de la capitale, Buenos Aires, l’agglomération de Mendoza recense près d’un million d’habitants. C’est une cité typique de l’Amérique du Sud avec ses bâtiments coloniaux, ses parcs publics et ses rues colorées. Le vin est partout. Dès la sortie de l’aéroport, des panneaux publicitaires géants font la promotion des plus grandes bodegas (caves).

Cette tradition viticole remonte à la colonisation espagnole, au milieu du XVIe siècle. Les conquistadors ont utilisé le système d’irrigation mis en place par les Incas pour développer la vigne dans ce qu’il appelait la «Tierra de Arena» (le «pays de sable»). La viticulture s’est développée dans trois oasis qui recouvrent à peine 3% du territoire de la province.

Le marché intérieur est depuis toujours le principal débouché de la viticulture argentine. La production s’est réorientée ces vingt dernières années. Après un accent quasi exclusif sur des vins de table bon marché, la diminution de la consommation indigène a entraîné une restructuration douloureuse du vignoble. Le moyen et le haut de gamme se sont développés, une tendance favorisée par l’arrivée de nombreux investisseurs étrangers.

Cette valorisation s’est faite en parallèle de l’accent progressif mis sur le malbec. Originaire de la région de Cahors, introduit par le Français Michel Pouget en 1853, le cépage est devenu l’icône de Mendoza. L’Argentine concentre deux tiers de la superficie plantée dans le monde, soit plus de 30 000 hectares.

Clin d’œil de l’histoire: le malbec était utilisé par la plupart des châteaux bordelais lors de la classification de 1855. Avant de pratiquement disparaître avec l’épidémie de phylloxéra. Pour Château Cheval Blanc, qui l’utilise encore en petite quantité, la création de Cheval des Andes constitue un joli retour aux sources.