L'époque

Le monde de l’art n’a rien d’un éden égalitaire

Dans le monde de l’art, on trouve les mêmes disparités de richesse, les mêmes discriminations de race ou de classe que partout. Et il n’est pas en reste, on s’en doute, en matière de sexisme. C’est dans ce contexte que travaillent les femmes artistes aujourd’hui

Publié annuellement par Art Basel, l’Art Market Report consacre cette année pas moins de 25 pages aux problèmes de genre et de représentation. Signe possible d’une évolution de mentalités, le marché émergent semble plus égalitaire, explique le rapport: en 2018, il y avait 43% de femmes représentées contre 57% d’hommes. Mais cette répartition ne tient plus chez les artistes établis. Les inégalités de genre sont en baisse au sein de la génération émergente, mais elles se maintiennent chez les artistes établis. Pour Clare McAndrews, auteure du rapport et fondatrice d’Arts Economics, l’une des explications possibles de ce phénomène serait: «qu’il y a toujours moins de femmes que d’hommes qui arrivent à devenir des artistes établis».

La visibilité et la cote des femmes grimpent petit à petit, et on aimerait croire à une égalité enfin retrouvée. Mais, quitte à jouer les rabat-joie, rappelons les faits: majoritaires dans les écoles d’art, les femmes artistes sont sous-représentées en galerie comme en salle de ventes: les prix de leurs œuvres sont plus bas et les hausses récentes ne suffisent en aucun cas à compenser des inégalités installées depuis longtemps.