Horlogerie

La montre déconnectée

Avec la Conquest VHP, Longines mise sur l'ultraprécision d'un quartz dernier cri plutôt que sur la connection

Tout avait été concocté pour générer une certaine curiosité. En mars dernier, juste avant la Foire de Bâle, Longines avait invité une grosse poignée de journalistes à un événement appelé modestement «à faire date dans l’histoire de l’horlogerie et du quartz». La marque de St-Imier (BE) n’ayant pas pour habitude d’organiser pareilles festivités (et le chef de Longines, Walter Von Känel, n’étant pas coutumier de ce genre de fanfaronnades), on ne pouvait qu’être titillés par cette invitation.

Ce d’autant plus que le lieu du rendez-vous n’avait pas été choisi au hasard. Cette mystérieuse surprise-partie devait se tenir à l’Observatoire cantonal de Neuchâtel. Un site qui ne vous dit certainement rien mais qui résonne fort dans l’histoire de la marque au sablier ailé: c’est en effet là-bas que l’entreprise a (notamment) fait certifier sa première horloge à quartz en 1954.

Une question sur toutes les lèvres

A ce stade, la question était sur toutes les lèvres: est-ce que Longines allait sauter le pas de la montre connectée? De prime abord, cette interrogation paraissait légitime puisque, depuis l’émergence de ces produits en 2015, le groupe Swatch (à qui appartient Longines) n’avait encore présenté que de timides déclinaisons de smartwatches et était donc attendu au tournant. On attendait certes plutôt quelque chose venir de chez Tissot ou de chez Swatch mais, qui sait…

Lire aussi: A Baselworld, chacun cherche sa smartwatch (27.03.2015)

D’un autre côté, en y pensant bien, les réflexions récurrentes de Walter Von Känel sur la connectivité penchaient plutôt pour le non. C’est tout de même lui qui disait, tout sourire, lors de l’une des dernières foires de Bâle: «Je suis content que certains de nos concurrents se lancent là-dedans, comme ça, ils bloquent de l’argent qu’ils ne mettent pas dans la publicité et c’est tant mieux pour nous!»

Pas de suspense

Une fois sur place, le suspense n’a guère duré. A l’arrivée à l’Observatoire de Neuchâtel, les hôtesses d’accueil demandaient aux journalistes d’éteindre leurs portables et de les glisser dans de petites pochettes en plastique. Et lorsque le vice-président de Longines Juan-Carlos Capelli a commencé sa présentation, il a d’emblée précisé que cette nouvelle montre, la Conquest VHP (pour very high precision) n’était en aucun cas un «téléphone de poignet».

«Nous avons décidé de miser sur ce que l’on faisait le mieux: des montres suisses, précises et élégantes mais indépendantes des téléphones», assurait Juan-Carlos Capelli. Au fil de sa présentation, on a même compris que cette «non-connexion» allait, justement, devenir un argument de vente de cette nouvelle montre.

Supercalibre à quartz

Ce n’était pas le seul. Car, même s’il ne s’agit pas à proprement parler d’une «montre intelligente», cette nouvelle pièce n’en est pas plus bête pour autant. Au contraire. Le calibre qui fait tourner la Conquest VHP est un quartz dernier cri dont la précision a été considérablement amplifiée – il prend plus ou moins cinq secondes par an, alors qu’un quartz traditionnel bouge généralement d’une minute par année – et qui se remet à l’heure automatiquement après un choc ou une exposition à un champ magnétique.

Le modèle est décliné en différentes tailles et vient avec ou sans chronographe. La durée de vie de la pile est de cinq ans et son calendrier perpétuel indiquera la bonne date au moins jusqu’au XXIVe siècle (2399, pour être précis).

Au vu de ce pedigree, Longines avait peut-être finalement bien le droit de fanfaronner.


Spécificités

Marque: Longines

Collection: Sport

Nom complet: Conquest VHP

Diamètre: 43 mm

Boîtier: Acier inoxydable

Calibre: L288.2 (ETA E56.111) à quartz

Etanchéité: 50 mètres

Prix: 990 francs

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