«A chaque fois qu’un de mes objets rencontre le succès, je me demande: où me suis-je trompé? N’ai-je pas été un peu kitsch, où est le malentendu?» En 2003, Enzo Mari glissait ces quelques mots lors d’un entretien accordé à Libération. Ainsi était-il, dernier géant du design made in Italy, disparu ce lundi à l’âge de 88 ans: doutant et questionnant toujours, se méfiant du consumérisme, lâchant des sentences souvent rugueuses qui en avaient fait la (mauvaise) conscience du design contemporain.