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Buenos Aires, quartier de la Boca, là où le foot est vécu comme une religion.
© Melanie Stocker/Edelweiss

Voyage

Le nord de l’Argentine, ses vins, ses larmes sur Evita

De Salta l’andine à Buenos Aires la cosmopolite en passant par la capitale du vin, Mendoza, la moitié septentrionale du pays recèle des charmes italo-espagnols qui le disputent à la culture précolombienne

«Pur, sans aucun additif, le tabac est un puissant désintoxicant, dit Carlos Lewis (photo). Pour le corps et pour l’esprit.» Le patron de la très accueillante Finca Santa Anita, à quelques kilomètres de Salta, au nord-ouest de l’Argentine, sait de quoi il parle. Car c’est un sage, 58 ans, que cet homme un peu bohème, apôtre d’un agrotourisme doux, entouré de ses chevaux et de ses fils gauchos. Ecoutez-le: ses plus étranges histoires ont souvent quelque chose à voir avec la Suisse, mais il ne les raconte pas dans les médias.

En famille, ils cultivent l’héritage d’une vie consacrée à la promotion d’un artisanat alimentaire authentique. Tout cela au pied de la cordillère, ce monstre hérissé de ses pics altiers, qui se prononce ici «cordichera». Pour mouiller les «l» et tout le reste, il vaut donc mieux s’offrir une journée de rafting pas très loin de là, agrémentée d’une grillade au bord de l’eau.

Berceau de la culture andine – des Incas, des Quechuas – Salta, avec sa pompeuse cathédrale rose bonbon et ses cireurs de chaussures, se pavane non loin de là comme une cité perpétuellement excitée, débordante de vie avec ses centaines d’enfants et de chiens agités dans ses rues piétonnes.

Et plusieurs milliers de mètres au-dessus d’elle trône le Lluillallaco, deuxième plus haut volcan actif au monde, qui abrite un site archéologique lui aussi exceptionnel pour son altitude. Il y a une vingtaine d’années, on y a découvert un cimetière dont on a dégagé trois momies d’enfants, sacrifiés aux déités il y a près d’un demi-millénaire, peu de temps avant l’arrivée des premiers conquistadors. Fascinants, presque tétanisants dans leur fixité «pompéienne», ces petits êtres cryogénisés sont aujourd’hui exposés au Museo de arqueología de alta montaña:

Elle n’est d’ailleurs jamais très loin, cette cordillère, majestueuse à l’horizon de ces terres si plates, avec l’Aconcagua en mirador, le sommet argentin qui s’élève à quasi 7000 mètres, dit le «colosse de l’Amérique», la plus haute montagne en dehors des sommets himalayens.

Dans les douces collines qui annoncent ces crêtes, toutes proches en direction du Chili, le gars de la Finca aimerait sans doute, quelque 1000 km plus au sud, les bains thermaux de Cacheuta, près de Mendoza, dont les bassins extatiques se lovent dans les replis de la montagne:

Pourtant, ce n’est vraiment pas l’eau qu’on préfère, ici. Mais bien plutôt la dive bouteille, vedette de cette région qui produit le 70% du vin argentin. Les plus gouleyants, aux puissants tanins, sont issus des cépages de malbec (photo) ou – moins connu – de torrontés, subtil breuvage aux arômes de rose et d’agrumes.

On en goûte chez le vigneron zurichois Martin Felix Altorfer (photo), qui a tout lâché en 2004 pour venir tester les infinis espaces de ces terres où il ne jure que par le travail manuel et la biodynamie, question de protéger un environnement fragile et d’offrir une qualité au plus proche de la nature en ses Viñas Don Martin, encensées par la revue Falstaff. Alors cela n’a vraiment, mais vraiment rien à voir avec l’intensité de la production de la cave Trapiche, à Maipú, construite dans un style florentin en 1912, où l’on réprime un frisson historique face à sa voie ferroviaire désaffectée et à sa cheminée.

Rien à voir non plus, mais pas très loin de là, on fait halte au Relais & Châteaux Cavas Wine Lodge, une hacienda de luxe où l’on mange un filet de bœuf à damner le pire des véganes et dont la tendreté n’a d’égale que le goût subtil issu de la parilla, ici aussi répandue que les bovidés qui la garnissent.

Les Argentins l’adulent, ils se vantent de produire la meilleure viande du monde et le font savoir, à coups de plusieurs centaines de grammes disposés dans votre assiette, accompagnés de l’exquise sauce chimichurri. On appréciera aussi ces grillades variées à La Casona del Molino, dans une ambiance musicale unique, agrémentée des omniprésentes empanadas après une balade absolument nécessaire au parc San Martín, pour contempler le lago Espejo.

Mais avant de crapahuter dans ces provinces, Buenos Aires la cosmopolite s’impose, évidemment. On en aura d’abord une vue globale, sur la rive ouest du Rio de la Plata, en grimpant au sommet de la galerie Art nouveau Güemes (1915), puis en arpentant la place de Mai et ses architectures officielles européennes.

Ce, avec une pensée pour ses Grands-mères, l’ONG fondée dans le but de retrouver les enfants volés par la dictature et de les rendre à leurs familles. Et puis, on court au quartier (barrio) de La Boca, avec son Caminito! Il abrite de nombreux immigrés originaires d’Italie et… une myriade de touristes, ici, qui se glissent entre les danseurs de tango de rue attrape-gogo. Au restaurant de La Ventana, ils sont encore plus nombreux, vous la jouent danse athlétique avec, au final, «No llores por mí Argentina», de la comédie musicale Evita.

Très jolies, aussi, les façades colorées des maisons de ce lieu mythique, mondialement connu pour son club de football, le Club Atletico Boca Juniors, où a joué Diego Maradona, ainsi que pour son stade, la mythique Bombonera.

Pour les Argentins, le ballon rond constitue une religion. Au moins autant que la Première dame de 1946 à 1952, Eva Perón. Elle repose aujourd’hui dans le caveau que la famille possède au splendide et imposant cimetière de la Recoleta; une ville dans la ville que ce repos des morts dans une cité qui jouit aussi de lieux de flânerie ou de contemplation, comme la skyline de Puerto Madero ou les gigantesques Palermo Forests. Avec leur jardin de roses Rosedal, elles constituent une réserve écologique au centre-ville.

Même ambiance, mais plus urbaine, au marché aux puces de la très séduisante Feria de San Telmo (le dimanche), nichée dans un quartier colonial où terrasses et stands de nourriture vous attendent les bras ouverts. L’idéal pour vibrer au son des Portègnes, les habitants de Buenos Aires, qui vous ouvrent toujours les bras. Et leur cœur.

Ce reportage a été rendu possible grâce à l’invitation de la compagnie aérienne Edelweiss Air, de l’Institut national de promotion du tourisme et du Ministère du tourisme argentins.


BUENOS AIRES

Y aller

Vol direct Edelweiss Air depuis Zurich les mercredis et dimanches dès le 7 novembre 2018. Vols domestiques bon marché avec Aerolineas Argentinas; flyedelweiss.com et aerolineas.com.ar

Y loger

Pratique: Dazzler Recoleta, très bien situé, Dazzlerhoteles.com

Y manger

Intime: Bajollave, Cecilia Corti, réserv. indisp., Bajollaveresto.com

Romantique: La Malbequeria, Palermo, Lamalbequeria.com.ar

Tango-show: La Ventana, réserv. indisp., Laventanaweb.com

MENDOZA

Y loger

Colonial: Park Hyatt, centré, Mendoza.park.hyatt.com

Luxueux: Entre Cielos, Luján de Cuyo, campagnard, Entrecielos.com

Champêtre: Club Tapiz, Maipú, Club-tapiz.com.ar

Y manger

Fastueux: Cavas Wine Lodge, Cavaswinelodge.com

Viticole: Bodegas Trapiche, Trapiche.com.ar

Italien: Restaurante Francesco, Francescoristorante.com.ar

SALTA

Y loger

Authentique: Alejandro 1, Alejandro1hotel.com.ar

Colonial: Solar de la Plaza, Solardelaplaza.com.ar

Gaucho: Finca Santa Anita, Santaanita.com.ar

Y manger

Local: La Casona del Molino, Facebook.com/lacasonadelmolino

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