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La nouvelle tenue de Stan Wawrinka, le boss en Stabilo

A l'Open d'Australie, le joueur a fait sensation avec son look entièrement fluo. On le compare à une Tequila Sunrise ou aux bidons des déchets radioactifs. Une stratégie pour effrayer son adversaire?

Son short inspiré des emballages Cochonou avait beaucoup fait jaser à Roland-Garros l'année dernière. Moqué en début de tournoi, l'objet était devenu culte au fur et à mesure que le Vaudois s'approchait de la finale.

Après sa victoire à Paris, Yonex, son équipementier annonçait que la relique à carreaux rouge et blanc était en rupture de stock. Tout le monde voulait ce short porte-bonheur. Il n'y a jamais de mauvais goût quand on est vainqueur. Le triomphe valide tous les choix, même les pires.

Ayant retenu la leçon avec humour, Stan Wawrinka récidive en 2016 avec une tenue spectaculaire que la twittosphère s'est empressée de commenter. Pour son premier tour de l'Open d'Australie mardi, le joueur est apparu dans un dégradé de jaune et orange fluo. Pour de nombreux internautes, c'est de bon augure. Sa tenue révèle sa flamme intérieure, l'assurance d'une une belle confiance en soi. Il en faut pour s'assumer en «gyrophare».

Une couleur radioactive

Pour d'autres, elle évoque la couleur des bidons de déchets radioactifs, une collection de Stabilo, une Tequila Sunrise, ce cocktail à base de tequila, citron vert et grenadine. Pour rester dans la métaphore alimentaire, certains, photos à l'appui, voient dans sa combinaison sur vitaminée une allusion aux glaces à l'eau Calippo ou aux chewing-gum à la fraise Fresh. Carambar est aussi cité, tandis que le «Blick» parle du perroquet Wawrinka.

Reste la question: ce total look est-il convaincant? Pour y répondre, Forum sur La Première a invité mardi soir l'excellent Stéphane Bonvin, consultant en mode et tendances. L'ancien journaliste et chroniqueur au «Temps» estime la tenue de Stan «extra et très réussie». «C'est amusant de s'habiller ainsi dans un des tournois les plus friqués du monde. Le sport est dominé par le code du luxe. Alors que tous les sportifs l'ont adopté pour pouvoir attirer les publicitaires et sponsors de marque, lui garde ce côté âpre, rugueux, authentique. Avec ses tenues «peu dommage», assez camping, il semble dire: «Je ne suis pas comme les autres». C'est sa manière d'avoir un pied en dehors du système. De toute manière, un joueur de son niveau peut tout se permettre.»

Un tandem qui a fait les beaux jours du cirque

Stéphane Bonvin voit également en Stan Wawrinka une sorte d'anti-Federer. Tandis que le Bâlois s'affiche aux côtés de la prêtresse de la mode, Anna Wintour, tandis qu'il incarne l'élégance et le bon goût, son cadet semble en rupture, presque rebelle. A eux deux, ils forment un tandem qui a fait les beaux jours du cirque: le clown blanc et l'auguste. Dans le rôle du maître de cérémonie, toujours impeccable, Federer, dans celui du clown provocant, criard, bariolé: Stan Wawrinka. Chacun a son identité propre, mais les deux forment une paire inséparable. Un peu comme le duo de la série Amicalement vôtre: l'aristo réfléchi et le débrouillard fougueux

On peut avancer une autre hypothèse. Et si cette tenue «visible jusqu'à la lune» selon un internaute était en fait une tenue de camouflage, un habit stratégique pour déstabiliser l'ennemi. Absurde? Pas tant que cela. Regardez les chaussettes de Stan, elles sont du même jaune que les balles de tennis. Imaginez maintenant l'adversaire, hypnotisé par les pieds de son vis-à-vis, perturbé et irrité par ce canari fluo comme le taureau est excité par la muleta, ce drap rouge nécessaire à la préparation de l'estocade. Comme le relève un internaute: les couleurs de Stan évoquent moins la Suisse que l'Espagne. A cette corrida, le Russe Dmitri Toursounov a été la première victime. 

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