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La nouvelle vague de la HEAD: Clémentine Küng

Quatre designers de la section Mode de la HEAD à Genève nous parlent de leur collection 5 – automne-hiver 2015 – qui marque la findu premier semestre de leur dernière année d’études.Talents à suivre

La jeune designer a étudié les sciences politiques à l’Université de Genève avant de s’inscrire au bachelor de la HEAD. «Le vêtement et le textile m’ont toujours attirée et je me suis rendu compte que ce qui me plaisait plus que tout c’était de créer, ­raconte-t-elle. Cela ne pouvait plus rester un passe-temps! Je me suis donc réorientée vers des études en design mode.»

Petite, Clémentine et sa grande sœur fabriquaient des habits pour leurs poupées Barbie. Aujourd’hui le plaisir du vêtement s’est fait beaucoup plus subtil. «J’aime mélanger les influences. Mais au final, l’important pour moi c’est que la silhouette garde toujours une dégaine cool.» Ses créations pour la collection 5 de son cursus consistent en une excellente illustration de cette «coolitude». «Dans les années 60, Edward Makuka Nkoloso, un professeur zambien, a mis en place un programme spatial. Afin de se mesurer aux grandes puissances de l’époque et de faire rayonner la Zambie, qui venait d’acquérir son indépendance, il souhaitait envoyer une femme, un missionnaire et deux chats – spécialement entraînés! – sur Mars.» Le projet est finalement tombé à l’eau, faute de soutiens financier et moral. «Loin d’être pris pour un fou, le professeur a acquis une certaine notoriété en Zambie et a été enterré avec les honneurs présidentiels.» C’est la façon qu’Edward Makuka Nkoloso avait de se vêtir et de donner corps à des vêtements trop grands qui a servi de toile de fond aux pièces de «We’re going to Mars!».

Un point de départ qui a ensuite amené Clémentine Küng à s’intéresser aux influences du look du professeur zambien, du costume masculin classique avec chemise, cravate et pantalon à pinces aux uniformes de l’armée, en passant par les robes de religieux et missionnaires. «Nous ­avions comme contrainte de devoir intégrer des drapés et j’ai choisi de le faire en reprenant la technique du «wrapping» – emballage/nouage – utilisée par les femmes dans certains pays d’Afrique.»

La designer se concentre à présent sur sa collection de diplôme qu’elle devra terminer d’ici à la fin du mois de mai. Une collection à nouveau masculine et qui, une fois encore, détourne des éléments de style anciens pour les repenser de manière actuelle. «Je travaille à partir du manteau militaire des poilus de la Première Guerre mondiale en y ajoutant des influences sportswear.»

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