A un moment donné, sa mâchoire s’est crispée. Son regard est devenu plus dur, son ton solennel. Presque martial. «Oui, absolument. Si Eric Zemmour remportait la présidentielle, je quitterais la France. Parce que mon pays ne correspondrait plus à mes idéaux. Et parce qu’une des premières choses que fera Monsieur Zemmour, c’est limiter l’expression artistique.» Assis derrière son bureau, un bloc de marbre noir digne d’un palazzo italien, Olivier Rousteing soupire, se penche en avant pour attraper son paquet de cigarettes. «Je peux fumer, s’il vous plaît?» Une, deux bouffées s’échappent de sa bouche pulpeuse. Il poursuit. «Ce qui me fait peur, ce n’est pas Eric Zemmour. Ce sont les gens qui vont voter pour lui, cette France raciste qui existe encore. Il serait temps de réellement se demander pourquoi», assène-t-il, avant de préciser: «J’observe tout cela à travers mon prisme. Je ne suis pas un politicien.» On suggère que son rôle est plus politique qu’il n’y paraît. Il nous toise. «Peut-être, oui.»