On qualifie désormais le tricot de «nouveau yoga», et les Anglo-Saxons ont même inventé le terme «medknitation», contraction de meditation et knitting. Confirmés par de nombreuses études, ses bienfaits apaisants sont employés dans les hôpitaux américains, afin de soulager les douleurs chroniques ou l’insomnie. L’Université de Chicago place pour sa part ce remède anti-stress parmi les dix meilleurs moyens pour arrêter de fumer.

Parmi les activités manuelles qui contribuent à évacuer l’anxiété et réparer le moral, celle de la maille figure parmi les plus accessibles, avec un matériel peu encombrant. Il est même possible de se passer des aiguilles et d’utiliser à la place ses propres bras. Appelée «arm knitting», cette technique correspond à une version géante du tricot, avec des pelotes de laine XXL dont la maille large sied parfaitement à des pièces pour l’intérieur telles que couvertures, coussins ou poufs.

Le tricot descend aussi dans la rue, pour habiller troncs d’arbres et mobilier urbain, comme dans le projet participatif de l’association Tricot-Graffiti visible le long de l’avenue de la Harpe à Lausanne jusqu’à la fin d’avril. Ou pour soutenir les revendications féministes, avec les bonnets roses portés lors de Marches des femmes, entamées en 2017 contre les déclarations sexistes de Trump.

A Genève, Valentine Ebner, professeure de design mode à la HEAD, mène un projet destiné à élargir les applications potentielles de la maille. TheKnitGeekProject s’applique notamment à trafiquer les machines à tricoter domestiques pour dépasser les possibilités offertes par les modèles industriels. Si les usines imposent un seuil minimal de production, ces versions hackées permettraient aux jeunes designers de gérer leur volume de production tout en donnant libre cours à leurs expérimentations.

Parmi les innovations déjà réalisées, un modèle électronique Brother des années 80 a été «pimpé» pour imprimer des photographies en mailles, mais aussi pour créer des motifs grâce à des algorithmes. Ces recherches pourraient bientôt aboutir au tricot en volume, et ainsi égaler les résultats de l’impression 3D.


TheKnitGeekProject, Valentine Ebner. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».