Dans un décor noir réfléchissant la lumière, Paco Rabanne a salué très brièvement ses invités à la fin de son ultime collection de haute couture, samedi à Paris, pour ce premier jour des défilés automne/hiver. Le couturier a donc fait ses adieux à la haute couture, trente-trois ans après avoir fondé sa maison.

Depuis quelques mois, ses prédictions retentissantes sur la destruction de Paris par la station Mir, le 11 août, ont largement alimenté les dîners en ville.

Reste que si l'humeur de Paco Rabanne est sombre, sa mode est flamboyante, couleur de flamme et de feu, comme cet arlequin en patchwork de cuir métallisé qui a ouvert le défilé. Pour son dernier tour de piste, le couturier-médium s'est offert un festival de sa spécialité, ses fameuses petites robes en jersey de métal tricoté en trompe-l'œil, ses fourreaux-cotte de maille scintillants tels des diamants, ses pourpoints-bijoux en assemblage de pierreries. Avec, en final, d'étonnantes «robes-constructions» métalliques hérissées d'épines, comme des poupées piquées de fléchettes. Sous sa haute couronne et son voile de dentelle or, la mariée en crinoline de fourrure était digne de Catherine de Russie.

Paco Rabanne continuera à superviser le prêt-à-porter et l'image de sa maison appartenant au groupe espagnol Puig. Autre consolation, son dernier livre de prédictions est dans la liste des meilleures ventes de l'été…

Plus tôt, Torrente avait ouvert la saison en fin de matinée. Rose Mett, la fondatrice et couturière de la griffe, œuvre dans la tradition plus que centenaire de la haute couture parisienne. Une haute couture qui ne serait pas réservée uniquement à des modèles du soir. Une garde-robe bien garnie qui habillera la riche cliente dès le matin.