Déjà interdite en Europe, la paille en plastique est heureusement en voie d’extinction. Il existe plusieurs solutions alternatives – inox et papier en tête – que bon nombre de familles et bars à cocktails en Suisse ont déjà adoptées.

«C’est essentiellement une envie des consommateurs. Ces derniers sont en avance sur la législation et ont pris conscience de l’absurdité du plastique à usage unique. Chaque année, 8 millions de tonnes sont déversées dans les océans et dans les mers, ce qui correspond à 250 kilos par seconde. Parmi ces débris, les pailles tiennent une bonne place dans le classement», confirme Amélie Maradan, cofondatrice de l’entreprise fribourgeoise Okapaï.

Dans le cadre d’un master en business administration à la HES-SO à Fribourg, elle a imaginé avec trois autres étudiants des solutions pour proposer des pailles compostables ou réutilisables, à des prix accessibles dans les meilleurs délais de livraison. Le projet étant suffisamment solide, une Sàrl a été créée en septembre dernier.

Des tiges de seigle

En parallèle à la diffusion de pailles en papier, bambou, inox ou farine de riz, Okapaï a mis en place une production de pailles en seigle, choisi pour la longueur de sa tige et son diamètre. Les cultures sont 100% bios, les sols désherbés mécaniquement, et la récolte se fait à la main, comme dans les années 1950, avant l’arrivée des machines agricoles.

«Un tracteur aurait cassé les tiges. La récolte est un travail fastidieux. Il faut couper chaque tige en deux ou trois pailles, enlever les feuilles et les nœuds, vérifier qu’elle n’est pas bouchée. L’épi est ensuite rendu à l’agriculteur, ainsi on ne gâche rien. Le but est d’assurer un produit 100% suisse aux plans de la matière première, de la fabrication, des ressources humaines et du conditionnement. La prochaine récolte est prévue en juillet.»

Okapaï développe également d’autres matériaux, notamment un modèle comestible et compostable, fabriqué avec des déchets de pommes du pays pour favoriser l’économie circulaire, ainsi que d’autres produits en remplacement du plastique à usage unique, type emballages, verres ou couverts.


Okapaï, pailles comestibles, biodégradables et réutilisables. Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».