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Cinq noms et une multitude de silhouettes.
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Mode

A Paris, 5 créateurs de mode à suivre

Pendant Paris Fashion Week, qui s'est terminée début octobre, les griffes indépendantes racontent la société de demain avec fraîcheur et audace. Coup de projecteur sur cinq d'entre elles

  • Victoria/Tomas, elle et lui

Au départ, il y a une histoire d’amour entre une fille et un garçon. Victoria Feldman et Tomas Berzins. Elle a été élevée en Russie, il est né en Lettonie, mais c’est à Paris, sur les bancs de leur école de mode, qu’ils se sont rencontrés. C’était il y a dix ans. Après un passage chez Alexander Wang pour Berzins et chez Alexander McQueen pour Feldman, le duo de moins de 30 ans fonde en 2012 Victoria/Tomas.

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En allégorie de leur relation de couple, la marque revisite les essentiels du vestiaire masculin pour l’adapter au corps des femmes. Pour leur tout premier défilé à Paris, les créateurs ont transfiguré la chemise – basique pour homme s’il en est – en imaginant d’amples robes en popeline de coton à motif carreaux. Des rafales de boutons pression ou des jeux de fronces élaborés créent l’émotion et signent une féminité fraîche mais jamais mièvre. Une veste en jean à découpe asymérique ou un jupon rappelant les maillots de foot américain apportent une touche urbaine et boyish à l’ensemble. Remarquable également, le travail du cuir, l’une des matières de prédilection de Victoria/Tomas. Les jupes en daim froncées aux teintes acidulées et les trench-coats en cuir à découpes graphiques feront certainement des best-sellers dans l’un des 40 points de vente de la griffe à travers le monde.

  • Jourden, la bourgeoise transfigurée

A quoi ressemble une gentille fille en 2017? Une bourgeoise peut-elle être moderne? Comment transgresser les règles en toute élégance? Voilà les questions qui semblent sous-titrer les créations d’Anais Mak, fondatrice en 2012 de Jourden (son deuxième prénom). Originaire de Hongkong, où elle réside, cette diplômée du Studio Berçot (Paris) bouscule les codes de la bourgeoisie de son enfance pour faire naître une féminité à la fois complexe et sophistiquée. Obsédée par les textures et les volumes, Mak fait la part belle aux broderies, aux plissés et aux volants. Mais loin de dessiner une silhouette classique, ces techniques traditionnelles viennent se heurter à des matières plus subversives comme la résille, à de la dentelle laquée aux accents fétichistes ou à de la maille métallique côtelée. Un choc esthétique qui interroge les rôles que la société assigne aux femmes, les aspirations de ces dernières aussi. En matière de séduction, la fille Jourden n’hésite pas à dévoiler ses épaules ou son ventre, ses tenues jouent la transparence par accumulation de couches de tulle et de dentelles. Sexy oui, mais très subtilement.

  • Ottolinger, underground helvétique

Cosima Gadient et Christa Bösch se sont rencontrées pendant leurs études à la Basel School of Design et ont fondé leur label Ottolinger en 2015. Aujourd’hui installé à Berlin, le duo suisse allemand s’est rapidement fait remarquer grâce à une approche très punk de la couture, n’hésitant pas à brûler et à déchirer les plus précieuses des étoffes. Les vêtements à la coupe chirurgicale sont déconstruits puis réassemblés de façon inattendue: un zip de jean se retrouve sur le côté d’un pantalon, les coutures intérieures se retrouvent à l’extérieur, une manche de chemise devient ceinture ou écharpe. Un chaos qui fait naître une harmonie explosive, une façon décalée de questionner la notion de sex appeal et de séduction. Mention particulière à la collection printemps-été 2018 d’Ottolinger, présentée sur un bateau amarré au bord de la Seine. Le thème? Le folklore suisse, version ironique et trash. On a vu des chemises Edelweiss transformées en robes-tuniques grâce à un ingénieux jeu de nœuds ou encore, idée fabuleuse, des robes et des pantacourts taillés dans une délicate toile à fromage, celle qu’utilisent les paysans en Appenzell. On en redemande.

  • Alexander Quoï, l’artisanat du futur

Alexander Quoï ne coud pas. Il noue, lie, attache ses vêtements à coup de lacets, oeillets et autres rivets. A la main, toujours. Chronophage, comme technique? Absolument. Mais rien ne semble faire peur à ce créateur de 27 ans, qui n’hésite pas à travailler des matériaux non orthdoxes comme le plastique ou le silicone. Né en Californie et aujourd’hui vivant à Paris, Alexander Quoï a étudié la mode à la prestigieuse Central Saint Martins College of Art and Design de Londres. A l’époque, sa collection de fin d’études est déjà classée parmi les 5 meilleures par les magazines Vogue UK, Dazed & Confused et I.D. Il a fait ses armes chez Sonia Rykiel et chez Chanel, mais les grands noms ne le font pas fantasmer. A l’instar de sa génération, ce designer aspire à une seule chose: exprimer sa créativité, loin des diktats commerciaux. Exposée au showroom de Designers Apartment, l’incubateur mode de la Fédération de la haute couture et de la mode, sa collection printemps-été 2018 avait quelque chose d’un luxe anarcho-futuriste, exigeant et raffiné dans l’exécution, la rébellion dans l’esprit. Les tenues auraient été parfaites dans un film de Luc Besson. D’ailleurs, Quoï dessine déjà des modèles sur-mesure pour le cinéaste, comme pour Beyoncé, Naomi Campbell et Tilda Swinton.

  • Wendy Jim, les vétérans radicaux

Créateurs à l’esthétique techno-punk, Helga Ruthner and Hermann Fankhauser sont loin d’être des nouveaux venus sur la scène de la mode. Elèves d’Helmut Lang à l'Université des arts appliqués de Vienne, ces deux Autrichiens ont fondé leur griffe Wendy Jim en 1999 et ont longtemps présenté leurs collections pendant la Fashion Week de Paris. Après une absence de sept ans, le duo est de retour dans la capitale française et leur mode résonne plus que jamais avec le Zeitgeist. Irrévérencieuse, leur collection interroge la place que chacun occupe dans le monde: déambulant devant des arbres à chat, les mannequins (hommes et femmes) sont-ils des individus ou des félins? Ont-ils leur place dans cet environnement et où se trouve-t-elle? Les tenues refusent la notion de genre et fleurent bon l’Europe de l’Est et les rave parties. Combinaisons en lycra fluo, pantalons prince de galle parfaitement taillés, robes en dentelle rose transparente ou encore t-shirt en vinyle rouge. Le tout stylé par la russe Lotta Volkova, collaboratrice de Vetements et Balenciaga aux côtés du très cool Demna Gvasalia. Dans l’air du temps, on vous dit.

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