Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire

Mode

«A Paris, les clochards me font souvent des petits signes de connivence»

Angelo Flaccavento est un des hommes les plus photographiés par Le Sartorialist et les bloggueurs de mode. Interview

Le Temps: Toute la blogosphère de mode connaît votre allure à l’ancienne. Au fait, qui êtes-vous?

Angelo Flaccavento: Je suis né à Raguse, en Sicile, je viens d’avoir 40 ans. J’écris sur la mode, en «free lance», pour des revues ou des magazines comme GQ Italie, Hunter Magazine, etc. Je vis surtout en voyage, pour mon travail. Sinon, j’aime la couleur bleue, les cravates fines et les nœuds papillons…

– Figurer sur le blog du «Sartorialist»* vous a-t-il rendu célèbre?

– C’est très, très drôle. Dans le milieu de la mode, énormément de gens me reconnaissent, viennent vers moi, me parlent. Et puis, quand je rentre chez moi, dans la rue, les gens se moquent de mes blazers très, très serrés, de mes pantalons assez larges et courts, de mes grosses chaussures, du fait que je ne porte jamais de sac et que je trimballe souvent des livres. J’adore ce retour à la réalité. Quand je suis à Paris, les clochards me font toujours des signes de connivence pour me dire qu’ils aiment bien mon look.

– Sans doute à cause de votre longue barbe. Aujourd’hui, beaucoup de jeunes en ont. Et vous?

– J’ai commencé il y a dix ans, quand Sigmund Freud est devenu une de mes icônes de style.

– Barbe, tailleur, chaussures en cuir. Pourquoi, aujourd’hui, beaucoup de jeunes idéalisent-ils l’élégance à l’ancienne?

– Dans la vie d’un homme, la relation avec un grand-père ou un oncle est une des plus rassurantes et des plus émotionnellement dynamiques qui soient… Peut-être qu’ils ont compris que la jeunesse éternelle, c’est juste un piège qui sert à vendre des jeans moulants à des hommes d’âge moyen qui ont du ventre…

– Votre style, que dit-il de vous?

– Ce que dit le poète Wallace Stevens: que la réalité est le produit de l’imagination. Il dit que sous des couches de classicisme, je suis un genre de farceur, un joker. Que je suis paradoxal. J’ai l’air net, propret, mais à y regarder près, mes pantalons sont trop courts, mes vestes trop serrées. Quelque chose qui cloche est toujours recommandable. Je préfère la précision à la perfection.

* http://www.thesartorialist.com/tag/angelo-flaccavento/

Publicité
Publicité

La dernière vidéo lifestyle

Les secrets d'un dressing minimaliste

«Moins, c'est mieux», y compris dans sa garde-robe. En collaboration avec responsables.ch, la blogueuse et auteure de «Fashion mais pas victime» Mélanie Blanc vous donne ses conseils pour acheter modérément et rester branché.

Les secrets d'un dressing minimaliste

n/a