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A Lausanne, la Pédale propose vélos pliables, sirops artisanaux, thés et cafés bio.
© Léa Kloos

Art de vivre

Pédaler dans le café

Plus que des magasins, les cyclo cafés sont des espaces de rencontre pour les amoureux des deux-roues

Siroter un petit noir dans les effluves de cuir, de graisse et de métal, en attendant de pouvoir enfourcher sa bicyclette. Les cyclo cafés, ou cafés vélo, ont émergé il y a une dizaine d’années à Londres, à Copenhague ou à Amsterdam. Désormais, ils conquièrent aussi les villes suisses. Même Lausanne, la plus redoutable pour les mollets débutants.

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Dans le quartier populaire de l’avenue d'Echallens, la Pédale abrite à la fois une boutique, un atelier de réparation, un point de livraison de paniers de légumes, et un café. Les règlements communaux, souvent, n’ont pas prévu ce nouveau genre d’espaces hybrides. Mais grâce à sa petite taille (moins de dix personnes) les patrons de la Pédale échappent à l’obligation de licence inscrite dans la loi sur les auberges.

Prendre le temps

Décor vintage, baby-foot, halte de jeu pour enfant, livres sur les étagères: tout, dans ce lieu, invite à flâner. «On aime prendre le temps, discuter avec les clients. Certains sont devenus des amis», souligne le patron, Rémi Tremel. Son associé Pierre Dormal n’en est pas à son premier coup: il avait déjà participé à la création d’un magasin de vélos à Lausanne, il y a près de dix ans. «Je suis parti quand c’est devenu trop grand à mon goût», raconte-t-il.

Les deux trentenaires ont ouvert en mai 2016 ce petit havre dédié au vélo. Pas n’importe quel modèle: le Brompton, un pliant venu d’Angleterre, vendu à partir de 1250 francs. Idéal pour parcourir les trajets entre bus et trains, «il offre la liberté à la fois d’un cycliste et d’un piéton», explique Rémi Tremel.

Emotions

A Zurich, la boutique Elsener s’est mise au café, elle aussi. Cette enseigne a ouvert en 1922 à Seefeldstrasse, dans un quartier chic de Zurich. Près d’un siècle plus tard, Christian Elsener, petit-fils du fondateur, continue d’accueillir sa clientèle au même endroit. Il s’est spécialisé dans l’e-bike, convaincu que les modèles électriques représenteront 80% de ses ventes d’ici cinq ans. Pendant ce temps, de l’autre côté de la rue, son fils sert des cafés au Che, bistrot repris et rénové par la famille Elsener il y a quatre ans. L’établissement sert aussi de lieu d’exposition des modèles de ville. «Le café et le vélo vont bien ensemble, car ils suscitent des émotions», dit Christian Elsener.

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Ils paraissent même indissociables. Il y a évidemment l’effet remontant de la caféine, après une chevauchée urbaine entre voitures, trams, bus et trottoirs bondés. Encore plus efficace avec une tranche de gâteau. Le côté pratique en cas de pépin: pas besoin de revenir, on peut prétexter une roue voilée ou un pneu crevé pour siroter un expresso. Qui plus est, la plupart du temps il est préparé avec autant de doigté qu’il faut pour manier une clé à molette. Les cyclo cafés répondent aussi à la pression du marché: ces espaces hétéroclites émergent avec l’explosion de la vente en ligne, qui pousse les enseignes classiques à se réinventer. Mais ce n’est pas tout. Les adeptes du deux-roues, qu’ils soient chevronnés ou non, trouvent dans ces lieux un point de rencontre entre pros, une atmosphère familière, une source de conseil, ou encore une occasion de frimer. De quoi alimenter la «culture du vélo» qui grandit à l’ombre des villes.

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