Le vin du mois

Pinot noir 2014, Domaine Frôté

Le millésime 2014 constitue une très belle réussite – le coup de cœur de cette fin d’année pour notre chroniqueur

La région des Trois-Lacs est une terre d’élection pour le pinot noir. Le cépage bourguignon se sent particulièrement à l’aise sur les sols calcaires des rives des lacs de Neuchâtel et de Bienne qui donnent des vins alliant fruit et finesse. Il leur manque parfois un peu de profondeur, mais ce n’est pas le cas du pinot noir du Domaine Frôté, à la Neuveville (BE). C’est même tout le contraire: le millésime 2014 constitue une très belle réussite – mon coup de cœur de cette fin d’année.

Tous les atouts de côté

Il faut dire que Claude Frôté, le chef du restaurant étoilé Le Bocca, à Saint-Blaise, a su mettre tous les atouts de son côté. Dans le sillage de son premier vin, un chardonnay, il s’est lancé dans la production d’un pinot noir il y a une dizaine d’années. Il a bénéficié d’emblée des conseils du producteur bourguignon Jean-Marc Boillot pour le choix des fûts de chêne, de Véronique Girard, du Centre œnologique de Bourgogne, pour les analyses, et du talentueux vigneron d’Hauterive (NE) Alain Gerber pour les travaux de la vigne et la vinification.

Le premier à être commercialisé

Après avoir «beaucoup tâtonné», le quatuor est enfin arrivé à ses fins avec le millésime 2014, le premier à être commercialisé. Un vin qui a besoin d'oxygène pour pouvoir se révéler – je recommande de le carafer au moins une heure avant le service. Il exhale alors des arômes de griotte, de framboise et de cuir avec une fine note fumée. La bouche, de structure moyenne, est tout en équilibre avec un fruit profond et subtil soutenu par un élevage déjà très bien intégré. De la dentelle, donc, avec une belle persistance en finale. Un vin à oublier quelques années en cave pour lui laisser le temps de développer tout son potentiel.

Son prix est relativement élevé (47 francs le flacon), à la mesure des efforts consentis pour lui donner vie. Située sur un terrain profond, les vignes (8000 m2) sont constituées d’une grande variété de clones bourguignons au rendement naturellement limité – 400 g par mètre carré en 2014. Après une macération à froid et le pressurage, le vin est élevé dans des fûts sélectionnés avec grand soin (un tiers de bois neuf). Pour Claude Frôté, rien n’est trop beau pour rendre hommage au pinot noir, «le plus grand des cépages».


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