Toyota

Plus de traction, moins d’agression

Un tout terrain peu polluant? Pour la ville? Vous plaisantez? Le très stylé Urban Cruiser de Toyota tente le coup grâce à des motorisations économiques.

Malgré la chute des marchés automobiles, Toyota suit sa feuille de route, égrenant les nouveautés à un rythme soutenu. Compte tenu du coût de ces lancements, le pari est risqué pour le N° 1 mondial. Advienne que pourra: en 2009, Toyota lance sa minuscule IQ, une berline Avensis, un monospace Verso de taille moyenne, ainsi qu’à l’été prochain la troisième génération de la Prius hybride.

Le constructeur japonais lorgne aussi sur le segment des citadines polyvalentes, véhicules compacts dont les rangs ne cessent de s’étoffer. Ce segment, qui a plus que doublé depuis 2002, est fractionné en petits monospaces (Citroën C3 Picasso), citadines sophistiquées (Mini, Mercedes Classe A, Alfa Mito) ou petits tout terrain (Fiat Seidici, Suzuki SX4, Daihatsu Terios). La pression fiscale sur les plus gros véhicules devrait encore renforcer l’attrait de ces différents sous-segments citadins.

En avril, Toyota commercialise un véhicule urbain qui tente de marier plusieurs genres automobiles tout en visant une basse consommation et une faible émanation de Co2. Taillé sur une plate-forme inédite en Europe (celle de la Scion aux Etats-Unis), l’Urban Cruiser propose une silhouette râblée de 4x4, quoi que plus basse que la norme. Les passages de roues sont bien marqués, les épaules larges, les boucliers avant et arrières sont protégés et l’ensemble du bas de caisse est surligné de noir. Mais l’intérieur (5 places) et le coffre (300 litres) ont comme référence les voitures compactes à hayon, à l’habitacle modulable. Ce véhicule se veut donc tout à la fois robuste, agile en ville comme en montagne, d’un faible encombrement et pratique. Un vrai couteau suisse.

La difficulté pour Toyota est de promouvoir ces propositions antagonistes, comme le respect de l’environnement et la traction intégrale. Quel que soit leur encombrement, les 4x4 sont de moins en moins tolérés en milieu citadin. La marque japonaise a donc réduit la hauteur de son véhicule tout en conservant une position de conduite légèrement surélevée. L’Urban Cruiser est de plus disponible dans une version deux roues motrices qui devrait représenter 70% de ses ventes en Europe, mais seulement 40% sur le marché suisse. Ce qui n’est déjà pas si mal: Toyota suisse s’attendait à avoir 90% de commandes pour la version 4x4 de l’Urban Cruiser, alors que la proportion tend aujourd’hui vers 60%.

En deux roues motrices, cette voiture «cross-over» est propulsée par un nouveau moteur à essence 1,3 litre à distribution variable. Ce bloc, qui équipe désormais aussi la Toyota Yaris, est pourvu d’une fonction «start & stop» qui coupe automatiquement les gaz aux feux rouges ou dans les bouchons. Cette mise en veille du moteur permet de gagner jusqu’à 4% sur la consommation et les émissions de Co2. Silencieux, raisonnablement souple, ce propulseur fournit une puissance de 100 ch, consomme en moyenne 5,5 l/100km et émet 129 g/km de Co2.

Dans sa version quatre roues motrices, l’Urban Cruiser est doté d’un turbodiesel 1,4 litre à filtre à particules de 90 ch et 205 Nm à 2000 tr/min. Plutôt bruyant, d’une sonorité désagréable, mais performant, ce diesel consomme en moyenne 4,9 l/100 km et émet 130 g/km de Co2, le taux le plus bas pour un véhicule de tourisme à traction intégrale. Les deux motorisations de l’Urban Cruiser s’inscrivent ainsi en Suisse dans la catégorie énergétique A.

En ville, ce Toyota versatile se faufile partout avec aisance. Les sièges et suspensions sont fermes, la finition de l’habitacle est bonne et le tableau de bord est clairement agencé. Malgré ce qu’affirme Toyota, le véhicule n’a pas la stabilité dynamique d’une voiture compacte: en version deux roues motrices surtout, les courbes se traduisent par un roulis d’amplitude moyenne. L’Urban Cruiser 4x4 est bien sûr plus stable et précis en dehors des cités. Sa transmission est active: selon les conditions routières, elle dose l’attribution avant/arrière du couple dans un rapport qui varie en continu de 100/0 à 50/50. Un commutateur au tableau de bord permet de verrouiller la transmission dans un rapport 50/50 en cas de boue ou de neige.

L’Urban Cruiser est aussi, et peut-être même surtout conçu pour rassurer ses occupants. Outre une carrosserie pensée pour donner un sentiment de sécurité, l’équipement de série comprend une batterie d’airbags et nombre d’assistances électroniques à la tenue de route et au freinage.

Fiche technique Modèle: Toyota Urban Cruiser 1,33 Dual VVT-i Linea Terra à deux roues motrices Dimensions: 3, 93 m de longueur, 1,72 m de largeur, 1,52 m de hauteur, 2,46 m d’empattement. Puissance: 74 kW ou 100 ch Couple: 132 Nm à 3800 tr/min Consommation: 5,5 l/100km Emissions de Co2: 129 gr/km Efficacité énergétique: A Prix: 25 600 francs (30 900 francs pour la version 4 roues motrices et à moteur turbodiesel 1,4 D-4D DPF de 90 ch)

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