La grande prairie surplombe l’Aar, qui n’est plus qu’à un méandre du centre-ville de Berne. Il fait un temps magnifique, et sans le froid glacial, il y aurait sans doute davantage de promeneurs pour s’étonner du spectacle. Dans les hautes herbes posent, devant l’objectif du photographe Vincent Calmel, deux championnes d’Europe, deux médaillées olympiques et la meilleure sprinteuse que la Suisse ait connue. Cinq des plus illustres sportives du pays, rien de moins.

Anouk Vergé-Dépré (beach-volley), Fanny Smith (skicross), Florence Schelling (hockey), Lea Sprunger et Mujinga Kambundji (athlétisme) ont abandonné leurs tenues de sport pour d’élégants manteaux longs et autres pantalons ajustés, mais elles ne semblent pas moins à l’aise que sur le sable, la neige, la glace ou le tartan. Les regards tuent, les postures claquent. Entre deux séquences, les cinq femmes ne manquent pas de sujets de conversation. Leurs drôles de vie de championnes. Le statut de modèle qui va avec. Le prestige du métier, qui éclipse son absolue précarité. Les images sont belles, le moment aussi.