Poser des clôtures. Faucher. Faire les foins. Traire les vaches matin et soir. Aider à la fabrication du fromage. Faire le ménage. Ou préparer une tarte réconfortante pour le goûter familial pris sur la table en bois devant l’alpage… Telle est l’aide précieuse qu’apportent les bénévoles aux paysans en été. En échange, ils sont nourris et logés dans un cadre qui rompt totalement avec la routine de la plaine. La-haut, seul le cri des renards, le vrombissement d’un torrent ou les cloches des vaches rompent le silence. L’air est pur. On apprend à vivre au rythme des bêtes. Quitte à se lever aux aurores pour les ramener des pâturages vers l’écurie. Une semaine à l’alpage abreuve les cinq sens dans un mouvement perpétuel.

Depuis quarante ans, Caritas-Montagnards fait le pont entre des bénévoles motivés et les familles durant les mois particulièrement chargés de travail. La démarche se fait rapidement, sans lourdeur administrative et dans un esprit de solidarité. «On construit des ponts entre des populations qui ne se côtoient habituellement jamais: des étudiants, des cadres habitués des bureaux ou de jeunes retraités et des familles paysannes qui travaillent dur, souvent dans une situation financière précaire. La pression du travail permanent à laquelle elles sont soumises rend plus que nécessaire une décharge ponctuelle», note Jessica Pillet, chargée de projet pour Caritas-Montagnards.

Cibler les jeunes

Cette année, la crise sanitaire complique les choses. Jusqu’à présent, près de la moitié des bénévoles étaient des personnes de plus de 60 ans ou venaient de l’étranger. L’association espère un mouvement de solidarité de la part de personnes plus jeunes. Concrètement, les engagements ciblent les hommes et femmes à partir de 18 ans et durent au moins une semaine. Sur le site de l’association, on peut consulter les annonces des exploitations de montagne et s’inscrire facilement.

«Comme la crise rend vraisemblablement les voyages à l’étranger impossibles, des personnes chercheront peut-être à vivre une nouvelle expérience ici. La plupart des bénévoles sont enchantés de cette rencontre culturelle et humaine. Ils témoignent d’une profonde détente mentale, d’une déconnexion totale, malgré la fatigue physique», conclut Jessica Pillet.