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Journal des défilés (3)

Le printemps des Marnissimes

La Suissesse Consuelo Castiglione et sa marque Marni signent la collection collector que H&M met en vente ce mois-ci

C’est chez Marni que les filles sont les plus jolies. Hauts talons de bois, chaussettes qui jouent de l’accordéon, gros pois mélange-tout. Un zip au bon endroit, une maille portée à l’envers. Attention minutieuse aux proportions. Etonne-moi. Ronds, carrés, géométrie, rayures, imprimés, tissus et textures qui n’auraient jamais dû se rencontrer mais qui ont la beauté des gens qui se rencontrent par hasard et qui finissent la soirée amis pour la vie et surtout complètement pompettes. Gros colliers de bakélite, dessin d’enfants. Chasuble rose comme l’étaient les presse-purée des années 1950. Chapeau vert dragée comme les aspirateurs dans «Cher Oncle Bill». Mais aussi tons terre, marron, ciel. Ou fluos, néons. Et si possible un peu de tout cela à la fois.

Milan, dimanche dernier, 9h30, en pleine semaine des défilés de la mode automne 2012. Sur les quelque mille personnes qui attendent le début du show Marni, un bon quart, au moins, portent du Marni, rêvent en Marni quand elles ne photographient pas, chez leur voisine, un détail Marni.

Dans le public de n’importe quelle autre marque, une telle concentration est insupportable – l’impression, atroce, de se retrouver dans un cauchemar avec clones griffés en 3D. Pas chez Marni où plus il y a de looks monomaRniaques, plus il semble y avoir de variétés, de possibilités et de chances. Plus on est en Marni, plus on sourit. Marni, dans la mode actuelle que le tout luxe est en train d’étouffer et d’épurer, c’est une oasis de beauté métisse.

Le grand public connaît mal cette marque chic mais dingo. Du coup, on ne saurait trop recommander aux curieux et aux fans de ne pas manquer la collection que Marni a signée pour H&M et qui sera en vente dès le 8 mars* (homme, femme, accessoires). C’est non seulement superjoli mais aussi remarquablement fait.

«Shop in the shop»

Surtout, le grand public, même suisse, ignore souvent que c’est une Tessinoise, la discrète Consuelo Castiglioni, qui est à l’origine de cette aventure esthétique et entrepreneuriale – si Marni est moins connue que des grosses marques comme Gucci ou Dior, elle n’en compte pas moins une centaine de boutiques ou de «shop in the shop». Jusqu’en 1994, Consuelo Castiglioni est consultante de mode et son mari dirige une entreprise qui fournit en fourrures les plus grandes maisons (LT du 24.09.2008). Mais les peaux d’animaux se vendent mal, la fourrure est vue de traviole, et comme Consuelo dessine des vêtements qui font soupirer son entourage… La marque Marni naît donc de la nécessité d’une reconversion et d’un talent hors norme. La maison continue de travailler la fourrure (ou plutôt de la détourner). Elle se fait connaître et aimer d’emblée par ses imprimés fleuris comme seule la naïveté heureuse peut en semer. Puis viennent les mix de motifs (ce dont témoigne la collection réalisée pour H&M), le carambolage de matières, de registres (sport et glamour, ethno et rigueur). La marque a, depuis, lancé ses lignes d’accessoires, lunettes, t-shirts limités, etc. Aujourd’hui, comme on peut le voir sur la grande photo, Marni est entrée dans une période plus graphique, dans une sévérité que palettes et proportions prennent à contre-pied. Marni, la gravité des jours à la légère.

* En Suisse romande: H&M de Genève (rue du Marché) et de Lausanne (rue du Pont). Possibilité de shoping en ligne sur www.hm.com.Prochain rendez-vous: lundi, cap sur Paris.

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