Un jour, une idée

Des produits de qualité conçus pour durer comme jadis

La marque d’accessoires Sympa Bonnard propose des articles qui creusent le sillon de la mode durable en Suisse

Ceintures, bracelets et agendas en cuir, mais aussi chaussettes en soie ou laine mérinos: les produits a priori plutôt masculins de Sympa Bonnard sont sobres et monochromes. Il s’en dégage un charme de simplicité, un goût d’antan pour les créations indémodables qui ne sont pas sans rappeler le succès de Manufactum, ce géant allemand qui ne vend qu’une sélection culte d’articles ultra-traditionnels pour l’habillement, la maison et le jardin.

Un contre-pied à l’obsolescence programmée, avec des objets conçus pour durer et même pour profiter du temps qui va conférer à la maroquinerie, réalisée en cuir tanné végétal naturel, une généreuse patine. Lancée en 2016 grâce à une récolte de fonds via Kickstarter et sélectionnée par le Prix IDDEA, qui encourage la concrétisation de projets d’entreprise durables et innovants sur le territoire genevois, cette ministructure est menée en solo par Michael Debétaz.

Le jeune entrepreneur relate le parcours de combattant pour créer des collections qui se veulent locales, durables et transparentes. «Trouver des fournisseurs suisses qui puissent garantir la transparence de leurs produits et des prix accessibles n’est pas aisé. Lorsque j’ai voulu produire mes premières ceintures, j’ai réussi à dénicher une tannerie-sellerie dans la campagne bernoise. Son marché est celui des cloches de vaches! Les vis sont produites à Lausanne par une société de réinsertion, et les boucles produites par une fonderie familiale vers Milan, mais plaquées à Genève.»

Et pour ses chaussettes? «Mes recherches m’ont amené à Saint-Gall, où se trouve un petit producteur indépendant qui fournit le Vatican, tandis que l’élastique qui tient mes agendas vient d’un petit village en Argovie, là où est aussi produit celui qui se porte à la cheville pour tenir les pantalons d’uniforme de l’armée suisse.»

Pour maîtriser les coûts et garder des prix très abordables, Michael Debétaz a appris à assembler les pièces de maroquinerie par lui-même. En ce qui concerne la communication, il profite désormais de l’enthousiasme des internautes qui postent leurs propres looks. Ses envies pour l’avenir? Produire des baskets ou des pantoufles en peau lainée.


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