Interrogations

La question du jour: pourquoi avons-nous besoin d’être aimé?

En ce début d'année, «Le Temps» pose une question par jour. Aujourd'hui, la réponse du psychosociologue et écrivain français Jacques Salomé, sous emprise d'une maladie qui le prive de la parole, par l’intermédiaire de son épouse, Valeria, consultante en relations humaines

Le modèle d’amour qui semble le plus profondément inscrit en chacun est celui de l’amour parental, construit autour d’une double dynamique contradictoire fondée par l’acceptation inconditionnelle de l’enfant et par la mise à distance progressive pour lui permettre de prendre son envol. Dans certaines familles, ce modèle est transgressé ou dévoyé par des mises en dépendance affectives, matérielle ou physique. Ainsi, le sentiment d’amour est influencé par notre passé et obéit à des tentations diverses, à des besoins et à des désirs. Besoin de se dire et d’être entendu, besoin d’être valorisé, besoin d’être reconnu, besoin d’intimité, besoin de créer et influencer notre environnement, besoin de rêver. Et quand nous prenons connaissance de la satisfaction ou pas de nos besoins, nous pouvons nous interroger sur notre manque d’amour, notre besoin d’être aimé, notre désir d’être en amour, ou tout simplement sur l’amour qui nous habite. Quand il est présent en nous, il va ensemencer notre imaginaire, faire éclore des rêves, et par-là même, commencer à nous transformer. En ce sens, l’amour est l’une des ressources humaines qui nous permettent d’accéder au meilleur de nous-même et… de l’autre!

«Vivre un amour» ou «vivre en amour»

Pour mieux le vivre, nous devons distinguer le vrai sentiment d’amour de ce qu’il serait possible d’appeler les pseudo-amours, ces amours masqués qui ont le goût et l’odeur de l’amour, mais qui n’en sont qu’un ersatz. J’invite à ne pas confondre le fait de «vivre un amour», ce qui est relativement restrictif, et celui de «vivre en amour», qui est une ouverture, une expansion de soi.

C’est l’amour de soi qui ouvre à l’amour de l’autre et à la possibilité de proposer ou de recevoir, un amour suffisamment libéré d’un désir de possessivité ou d’appropriation pour permettre d’établir des relations durables et fiables, non seulement avec un compagnon, mais aussi avec les personnes proches, significatives, avec qui nous souhaitons cheminer le plus longtemps possible, paisiblement, durant notre existence.


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