Un jour, une idée

La radio (presque) comme au bon vieux temps

Le site Radio Garden permet de «syntoniser» plusieurs milliers de stations à travers le monde. Comme dans une expérience un peu rétro, remise au goût du jour par la grâce du numérique

Si les jeunes oreilles nomades ont plutôt tendance à se tourner vers la mode du podcast, la bonne vieille radio n’en est pas pour autant décédée. Sa numérisation progresse au grand galop, au point que la bande FM aura disparu d’ici à trois ans en Suisse, par exemple, au profit de la technique DAB. Qu’importe, puisqu’un nouveau site internet, Radio Garden, permet de se connecter à plusieurs milliers de stations radio à travers le monde. En quelques clics plus ou moins intuitifs selon ses propres intérêts, ou en visant une station connue: un souvenir de vacances à raviver?

L’écran se présente sous la forme d’un globe terrestre de géolocalisation en trois dimensions, similaire à celui de Google Earth, où se balader et zoomer au gré de ses envies. Ce, sur tous les continents, sauf en Océanie, où l’offre numérique est très peu développée et se réduit à deux stations à Sydney. Mais, à titre d’exemples, Radio Guangdong en Chine, Radio Nostalgie à Abidjan ou La Voz de Galápagos – slogan: «Es alegría!» – permettent à la fois de prendre le pouls de l’exotisme recherché, tout en se rendant compte que, finalement, les mêmes recettes hurlantes à puissantes chambres d’écho sont utilisées un peu partout de la même manière pour retenir (ou faire fuir) le chaland.

Sans but lucratif

A la base, Radio Garden est un projet néerlandais sans but lucratif, développé dès 2013 et mis au point techniquement trois ans plus tard en collaboration avec plusieurs universités européennes plus particulièrement tournées vers les études et les recherches transnationales. Il est financé par les Humanities in the European Research Area (HERA), qui ont cherché, dès le départ, à réduire les limites naturelles et bientôt tout à fait dépassées des stations de radio analogiques, au sujet desquelles le site propose aussi des informations complémentaires – historiques et jingles, par exemple.

L’esthétique sonore qui pare l’expérience rappelle nos vieux comportements attentifs de syntonisation sur les ondes de nos transistors, avec les craquements et les interférences d’autres stations toutes proches sur la bande. Comme l’ancienne molette sous la pointe de l’index qui ressurgirait au bout d’un curseur de souris ou sous une légère pression tactile sur un écran d’iPad ou de smartphone. Le site est d’une utilisation très simple, efficace, et se présente également sous forme d’une application mobile disponible gratuitement pour iOS et Android. Du numérique pour les nostalgiques de l’analogique, en somme.

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