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mode masculine

A la recherche du style français

L’élégance masculine française existe-t-elle? Enquête en six haltes parisiennes pour tenter de cerner le chic hexagonal

Au Nord, le chic originel, britannique. Au Sud, l’art du paraître, à l’italienne. Entre deux, écartelé entre tradition et flamboyance, comment reconnaître le raffinement du mâle gaulois? Alors qu’elle apparaît comme un pléonasme, un lieu commun, «l’élégance à la française» se révèle ­curieusement insaisissable en matière de mode masculine. Tout au plus émergent des silhouettes, une galerie de portraits inclassables, de Serge Gainsbourg à Philippe Noiret, de Cyrano de Ber­gerac à Jean d’Ormesson, qui aussitôt s’évaporent.

C’est qu’en France, l’habit seul ne fait pas l’élégant. Il s’accompagne d’une attitude, d’une posture parfois, d’un certain goût pour la coquetterie bravache, peut-être. «Sur le trottoir, on distingue facilement les journalistes français», lisait-on récemment encore dans le New York Times , au sujet d’une affaire qui a vu quantité de journalistes faire le pied de grue devant un tribunal new-yorkais. «Ils sont mieux habillés que les autres, fument des cigarettes et se font la bise quand ils se voient.» Au-delà du cliché, cette description ­confirme que l’attitude signe le Frenchie , au moins autant que ses vêtements.

Reste que la France est un pays pour le moins déroutant. Les ­contrôleurs de train y sont habillés par Christian Lacroix. Mais le président lui-même y arbore (entre autres) des mocassins à glands et talonnettes, et bon nombre d’esthètes de supermarché y osent le pull sur les épaules et la chemise à manches courtes. S’agissant de coupes et d’étoffes, le dandy hexagonal peine à se définir. Au pays de la haute couture, où l’élégance s’exprime naturellement dans la mode féminine, où sont les hommes?

Il y eut certes le «Groupe des Cinq». En 1956, cinq tailleurs (Bardot, Camps, Evzeline, Socrate, Waltener) tentèrent d’exporter une haute couture pour homme basée sur une coupe française. Une tentative qui fera long feu. Plus tard, au milieu des années 60, la «ligne Cardin» émerge et fait des envieux. Mais elle se révèle, en fait, une déclinaison du style britannique. Plus proche de nous, Hedi Slimane. Au début des années 2000, le styliste révèle une silhouette qui fera école: longiligne et androgyne, épaules fines, cravate anorexique. Un style qui s’exportera, mais qui laisse sur la touche les élégants qui revendiquent un style plus viril.

Pris entre les feux du classicisme british et de la rutilance ritale, l’esthète français est un danseur de corde. Un équilibriste sur un fil improbable, tendu entre deux mondes. Pour tenter d’appréhender son élégance en creux, ce style concave entre ses deux sœurs convexes britannique et italienne, promenade en forme d’enquête, non exhaustive, en six haltes choisies dans Paris.

Saint-Germain-des-Prés, des paysans à la ville

Michel et Jean Grimbert. (Photo: Peter Knaup) Rive gauche, Saint-Germain-des-Prés. C’est dans ce Paris de carte postale que débute notre investigation. Au 1er étage de la boutique Arnys, 14 rue de Sèvres, Jean Grimbert – la manche gauche de sa veste déboutonnée et la barbe soignée – est catégorique: «Il existe un style français, quand il sait s’exprimer.» Cet érudit ès élégances, qui dirige avec son frère Michel la vénérable maison du sur-mesure et du prêt-à-porter de luxe à la française, représente la troisième génération des tailleurs établis depuis 1933 au sud de la Seine.

«Le style français a intégré la couleur et l’excentricité britanniques ainsi que la souplesse et la fluidité des Italiens», poursuit le psychologue de formation. Une synthèse qui s’accompagnerait d’une caractéristique typiquement française, dans la mode casual : «L’histoire ouvrière et paysanne s’est mêlée aux traditions aristocratiques et bourgeoises. L’intégration des origines prolétaires de ce pays au quotidien de la ville a donné un style unique. La veste de garde-chasse, notre «forestière», en est un exemple.»

Pour Jean Grimbert, la touche française est plus difficile à cerner dans les vêtements classiques, en raison de l’uniformisation des mises. «La seule chose non globalisée est ce vêtement français paysan ou ouvrier, réinterprété dans un urbain germanopratin.» Une tendance qui dure: 60% des ventes d’Arnys consacrent cette inspiration particulière, dont la veste forestière, inventée en 1947, est devenue le symbole.

La maison Arnys ne cultive pas uniquement l’héritage des costumes des corps de métier traditionnels. Elle revendique aussi une forme d’élégance héritée de l’esprit: «Le style Rive gauche d’Arnys – moins corseté que celui de la Rive droite – doit aussi beaucoup à ses clients (Sartre, Gide, Vian, Picasso, ndlr). Prévert et sa casquette faite spécialement pour lui. Mitterrand et son chapeau à la Léon Blum. De nombreuses personnalités non conventionnelles et autres dandys ont apporté leur pierre à cette ligne Saint-Germain-des-Prés, qui consacre entre autres le velours noir côtelé – un tissu typiquement français –, ou le port d’un col roulé avec une veste.» Un côté Rive gauche, qui bannit également tout luxe apparent: «En Italie, par exemple, on portera des tissus soyeux; ici, on préférera de la soie usée, pour faire vieux colonial.»

En France, il existe une manière de déconstruire les codes qui s’apparente à la nonchalance latine. «C’est un grand art de faire semblant d’avoir un vêtement chiffonné, note Jean Grimbert. C’est très français de porter un jeans avec une jolie veste en cachemire. Et des tissus délavés, ou encore du lin.» Ou encore de porter une boutonnière défaite à la manche de sa veste, pour enlever le côté raidi: «Certains feront ça pour montrer qu’ils possèdent un costume grande mesure. En France, c’est pour rappeler qu’au XVIIIe la manche se portait ouverte pour y glisser un mouchoir. Car on ne portait pas de pochette à l’époque. Retourner la manche de sa veste, c’est très XVIIIe.»

Rue de la Paix, confort et discrétion

Alain Stark. (Photo: Stark & Sons) Direction le IIe (arrondissement). Au 16, rue de la Paix. Alain Stark, troisième du nom, héritier de la prestigieuse maison Stark & Sons, nous y reçoit. Sa carte de visite nous livre un indice: elle est rédigée en anglais. Ce gentleman tailleur perpétue la tradition parisienne de la grande mesure d’origine anglaise.

Et cet ambassadeur de l’Albion n’a rien de perfide. Tout au ­contraire. Il est d’ailleurs fier d’être le «tailleur de la République». Entre deux grands de ce monde qu’il vêt dans le civil (Clinton, Poutine…), il habille en tenue officielle bon nombre de membres de l’Institut de France (qui abrite l’Académie française entre autres – six cents heures de broderie pour «l’habit vert»), d’ambassadeurs et de préfets. Son père taillait les costumes civils du général de Gaulle.

Tailleur à Londres, son grand-père s’est installé à Paris par amour, en 1910, avant de fonder la maison Stark & Sons. «Je suis, pour ma part, allé à une école de coupe en France, avant de faire un stage en Grande-Bretagne, explique Alain Stark. Ce sont nos origines. On trouve en Angleterre une autre façon de travailler et une grande rigueur. Les coupes anglaises sont beaucoup plus près du corps que les nôtres. Nous revendiquons, de notre côté, une synthèse des coupes britannique et française. C’est-à-dire un peu plus confortable, moins ajustée. Le style anglais est très beau mais il faut pouvoir supporter un carcan.»

Elaboré à partir de tissus en provenance de Grande-Bretagne (80%) et d’Italie (20%), le style français que revendique Stark & Sons est «un chic classique qui a pour ambition l’élégance, la discrétion et le confort. Le style français est en fait sans grande ­connotation. Mais une fois à New York, en me voyant, quelqu’un m’a dit: «Vous avez fait faire votre costume en France.»

«L’élégance cesse si on la remarque», disait Jean Cocteau. Une devise qui semble coller à la peau du maître tailleur parisien. «Epaule pagode, poche goutte d’eau, etc. Un vêtement est par définition très technique. Tout tailleur a cette maîtrise.» Mais ces «signatures» parfois ostentatoires sont pour Alain Stark une forme de snobisme, qui permet seulement d’identifier tel ou tel tailleur.

Au début du siècle, le prince de Galles autorisa son grand-père à arborer les armes royales d’Angleterre. Un privilège accordé pour trois générations. Pour garder cette trace concrète de son identité pour les générations futures, Alain Stark devra fabriquer un vêtement porté à la cour de Londres. La condition pour continuer de prétendre aux prestigieuses armoiries. Et de porter haut les couleurs de l’Angleterre en plein cœur de Paris.

Rue Marbeuf, le souci du savoir-faire

Lorenzo Cifonelli. (Photo: Pierre Chambonnet) Ils ont un nom italien. Ils utilisent le système métrique anglais (les inches) pour prendre leurs mesures et couper leurs patronages. Ils représentent pourtant l’un des duos de tailleurs des plus Parisiens qui soient. Chez Cifonelli, au 13 de la rue Marbeuf, on revendique une identité très française, qu’on est fier d’exporter aux quatre coins du globe. «Nous voyageons beaucoup à la demande de nos clients entre New York, Tokyo, Genève, Londres…», explique Lorenzo Cifonelli, 41 ans, qui a repris les rênes de la marque avec son cousin Massimo. Deux arrière-petits-fils du fondateur installé à Paris en 1926, après avoir appris l’art de la coupe à Londres.

Le style Cifonelli? «C’est un mélange inspiré des grandes traditions sartoriales: d’abord le style italien – la souplesse et la légèreté –, ensuite le style anglais – la structure héritée des habits militaires. Enfin, la tradition française, ce souci du détail, de la qualité des finitions, des points, des surpiqûres aux boutonnières.» Et le maître tailleur d’attirer l’attention sur la qualité du travail rendu: «Le soin apporté aux finitions concerne aussi les points à l’intérieur de la veste, un détail qui est caractéristique du savoir-faire français.»

La coupe Cifonelli à proprement parler est près du corps, avec des emmanchures hautes et une poitrine fine. Les vestes sont très souples, utilisent le moins possible les épaulettes en crin. «La manche est étroite, très haute, travaillée en avant, détaille Lorenzo Cifonelli. Cette épaule a été créée par mon grand-père, à partir d’un travail spécifique sur le patronage. On la retrouve dans toutes nos vestes.»

Mais le maître tailleur ne ­cultive pas une forme passéiste de son art. Il puise son inspiration dans une curiosité sans fond. «Je voyage beaucoup et je regarde tout, y compris le prêt-à-porter (un segment que la marque occupe aussi depuis 2007, comme la demi-mesure, ndlr). Nous tentons de mélanger les styles et les savoir-faire avec un grand souci du détail. Nous savons aussi dépasser la mesure à proprement parler et tenir compte de la personnalité du client. Nous sommes en constante évolution. Par exemple, nous ne faisons pas comme mon grand-père il y a cinquante ans. Nous ne sommes figés que sur la qualité du travail. Le reste évolue et s’adapte à notre clientèle qui a fortement rajeuni depuis une dizaine d’années.»

Rue Volney, la culture de l’œil

Pierre Corthay. (Photo: Pierre Chambonnet) Retour place Vendôme. Ce n’est pas à proximité, au 1 rue Volney, dans l’atelier-boutique de Pierre Corthay, que l’on lâchera la piste de l’omniprésente influence britanniquo-italienne. Le maître bottier, ancien compagnon du Tour de France, a appris le métier… chez John Lobb et Berluti. Cet artisan surdoué à l’ascendance helvétique (il a un grand-père vaudois, originaire de Buchillon) fabrique des souliers de luxe pour homme. Déjà présent dans 20 points de vente dans le monde, sa cote est en ascension exponentielle.

Après s’être mis à travailler le cuir par passion, à l’âge de 9 ans, il fera son tour de France entre 16 et 23 ans pour apprendre le métier de bottier. Il fréquentera ensuite les ateliers parisiens de Berluti et John Lobb, où il aura la chance «d’observer les Paganini du métier avant leur départ à la retraite». Il fondera ensuite sa propre marque de sur-mesure en 1990, avant d’être rejoint par son frère, lui aussi bottier.

Cas unique dans l’histoire de la chaussure, Pierre Corthay est un artisan devenu industriel. En gardant son activité de sur-mesure, il lance en 2003 une production de prêt-à-porter de luxe. «Toutes les autres marques artisanales ont eu derrière elles des grands groupes industriels avec des usines déjà en place. Nous, nous sommes partis d’une feuille blanche.»

Chaleureux, enthousiaste et passionné, l’homme évoque constamment son amour du métier. «Avec un seul veau, on peut faire 500 articles différents! Chacun a sa main, comme en cuisine. Les gestes sont archaïques. Sur la base des mêmes produits, la variété d’articles transformés est infinie. On ennoblit le produit, on le sublime. On lui fait passer un stade supplémentaire, sans le dégrader par excès d’interventions.»

Vêtement intime, la chaussure est pour Pierre Corthay un véhicule personnel. «Le soulier est l’expression la plus fruste de notre locomotion. J’aime voir les choses en déplacement. Avec moins de temps pour regarder, on regarde mieux, avec une vision instinctive des choses. Le soulier est carrossé comme une voiture, un objet en mouvement à la fluidité parfaite. C’est un objet de passion. Et l’homme se féminise dans son rapport à la mode, ce qui redonne un souffle et des possibilités à l’artisanat.»

Le style français dans tout ça? «L’élégance est la parfaite harmonie de tout. C’est un sens ­consommé du rapport des couleurs et des proportions. Elle est différente pour chacun. En Angleterre, le soulier est plutôt lourd et épais, rond aussi, à cause du climat. En Italie, on pratique le soudé, le cousu Blake, la légèreté. En France, nous sommes subtilement entre les deux!»

Ier arrondissement, masculins mais pas protéinés

Jean-Hugues Dubo. (Photo: Hamid Blad) C’est d’une bêche que l’on s’arme au 131 de la rue Saint-Denis, dans les bureaux de l’agence Poulain & Proust, pour défricher les terrains de l’élégance. En jardinier des styles, le consultant de mode Jean-Hugues Dubo n’est pas avare en métaphores horticoles. «Comme dans les jardins, tout y est organisé, tiré au cordeau. L’homme prend le pas sur la nature. Dans les jardins italiens, on plante en fonction du terrain. En France, on aplanit pour que tout soit domestiqué, tout est maîtrisé dès le départ, tout est convenu.»

Nubuck blanc et box-calf rouge et bleu, notre homme revient de New York avec aux pieds une paire de Cole Haan. C’est dans ces chaussures bleu-blanc-rouge, qu’il a longuement hésité à acheter en raison de cette note «cocoriquesque», que le conseiller en style et en image évoque ensuite l’héritage du passé. Finis les monarques flamboyants et fardés en perruques et rubans: «En décapitant nos rois, nous avons fait en France une mode plus prolétaire, moins austère et moins bourgeoise.»

Pour lui, la mode masculine hexagonale est très codifiée et liée à l’armée. «Nos couleurs fétiches sont: beige, kaki, marine, ciel. Cherchons-nous du respect en portant des ersatz d’uniforme? Cherchons-nous à nous approprier une forme de gloire?» s’interroge-t-il tout en constatant que, comme d’autres dérivés de la chose militaire, le blazer marine revient en force. «Quand je pense élégance française, je pense au marine. Je pense aux couleurs Air France.»

Jean-Hugues Dubo pense aussi allure. «En France, on ménage la chèvre et le chou. On ne porte pas trop ajusté car on n’est pas Italien. On a tendance du coup à se noyer dans les chemises et les vestes. On a une silhouette diplomate. Loin de toute forme de surenchère. Car un Français investit dans la pierre, le durable, les valeurs fondamentales. Il est moins dans le décorum mais plus terrien, plus terroir. On s’habille des profondeurs de la terre pour monter à la capitale. Avec un côté apprêté sans en avoir l’air.»

«Pour être élégant, il faut être en accord avec la partie la plus noble de soi, poursuit le consultant. Et au-delà des codes, avoir une identité. Or nous, Français, cultivons les codes et oublions parfois d’avoir une identité. Nous recherchons l’appartenance à une confrérie et sommes, du coup, souvent uniformes.»

Dans ce jardin complexe des élégances françaises, Jean-Hugues Dubo note des silhouettes caractéristiques, comme celles de Frédéric Beigbeder ou d’Edouard Baer. «Il s’agit d’un style qui dépasse les vêtements, mais malgré tout de silhouettes bien françaises. Des éternels ados, comme Inès de la Fressange chez les femmes. Ils sont racés, plein d’esprit et d’autodérision. Masculins mais pas protéinés.»

XVIIe arrondissement, une posture de trois quarts

C’est au téléphone que nous nous entretenons avec Gonzague Dupleix, l’un des rédacteurs du magazine GQ France. Propos choisis: «L’élégance est une patine qu’une bonne éducation et une mauvaise vie rendent accessible. Elle repose sur un équilibre antagonique, une zone de frottement entre deux plaques, l’une se glissant sous l’autre pour former une chaîne de montagnes. Elle est avant toute chose une manière de se présenter aux autres, en tant qu’homme.

»L’élégance, pour peu qu’on en développe une, apparaît souvent avec l’âge. Quand on dit d’un homme de 30 ans qu’il est élégant, cela veut dire qu’il se tient bien et qu’il s’est habillé proprement. Pour un homme de 40 ans, être élégant est une expression plus large. C’est un statut, un état de fait. En France, on peut voir nos acteurs prendre de l’âge et acquérir ou non cette aura. Un homme en pleine mutation, comme Jean Dujardin, a toutes les cartes en main pour devenir un vrai modèle français.

»L’élégance à la française est une lecture entre les lignes des styles anglais, italien, et américain. Elle ne peut donc pas se définir par un ensemble de pièces précises assemblées d’une manière admise. Au milieu d’une foule, un Français se reconnaît à sa touche bohème. La barbe de trois jours, pour un Français, est une barbe de six ou sept jours, soigneusement mal entretenue. Il y a de fortes chances aussi pour que le Français s’habille avec des vieilles pièces. On en revient à cette patine, qu’on ne retrouve pas si facilement dans d’autres pays.

»L’élégance française n’est pas uniquement vestimentaire. Elle se base sur cette posture de trois quarts, là où les autres pays ont un rapport beaucoup plus frontal avec leur vestiaire. Le Français est un filtre de modes. Il associe des bouts entre eux et propose une silhouette intéressante, un peu bancale. Ce qui lui permet de s’extraire de la danse des modes. L’intemporalité est une volonté de sa part, et non la conséquence de sa vision.»

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