Le repas à la française célébré le même jour sur cinq continents

Cuisine Le 19 mars prochain aura lieu Good France, offensive gastro-diplomatique de charme en Suisse et dans le monde

C’est une jolie idée, inspirée d’Escoffier, qui avait souhaité réunir des convives en grand nombre autour d’un même menu, le même jour, dans des villes du monde entier.

Un siècle après les dîners d’Epicure, c’est au tour d’un autre «cuisinier des princes», Alain Ducasse, de célébrer en mode polyphonique et global les valeurs clés de la gastronomie française. L’opération se nomme Good France (ou Goût de France) et se déroulera le 19 mars prochain sur cinq continents, et dans un bon millier de restaurants.

Les menus servis à Sydney, Mexico, Turin, Rio, Shanghai, Varsovie ou encore Tokyo notamment ne seront certes pas identiques, mais tous véhiculeront une philosophie commune faite de «partage, de plaisir, de respect du bon et de la planète», chère aux héritiers du grand Auguste. Autrement dit, une grande fête de la cuisine, dans le respect des terroirs, des saisons ainsi que de l’identité de chacun des chefs impliqués.

«Invitation au voyage»

Lancée voici plusieurs mois à l’adresse des restaurants de haut vol comme des bistrots plus simples, cette «invitation au voyage» a mobilisé largement au-delà des prévisions» quelque 1300 chefs dans 150 pays.

La Suisse dans tout ça? Le comité international de sélection emmené par Alain Ducasse, comprenant Benoît Violier et Michel Roth pour la Suisse, a retenu une vingtaine de candidats, situés pour l’essentiel en Suisse romande.

Héritiers d’Escoffier

Affichée sur le site de Good France, la liste des établissements ne comprend aucun bistrot mais uniquement des tables prestigieuses, au nombre de vingt, de Confignon à Zurich, et de Chardonne à Thônex, avec pour maîtres d’œuvre Edgard Bovier, Michel Roth, Benoît Violier, David Tarnowski, Claude Legras ou encore Stéphane Décotterd notamment.

L’hommage rendu par chaque chef passe par un menu déclinant l’héritage d’Auguste Escoffier à sa manière, au gré des produits du lieu ainsi que de la saison, et selon un cahier des charges bien précis.

Ainsi chez Edgard Bovier, on dégustera des plats signatures, parmi lesquels une langoustine poudrée d’orange aux asperges vertes de Provence, socca fine et mesclun provençal, ou une poêlée de pistes et raviolis à la nissarde, tomates confites et basilic, l’agneau de lait des Pyrénées frotté d’herbes sauvages, petits pois et févettes, ou le loup de ligne piqué de citrons confits aux artichauts barigoule – le tout couronné par les fromages de Maître Antony et un truffé glacé à la mandarine impériale, sauce au chocolat Manjari.

La manifestation est placée sous le patronage du Ministère français des affaires étrangères; les ambassades des pays concernés se joignent à l’opération en conviant des hôtes locaux à leur table.

Patrimoine culturel immatériel

La France, qui entend promouvoir davantage son image de marque liée à la gastronomie et aux vins, vient de lancer plusieurs projets allant dans le même sens. Après l’inscription du repas à la française au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, en 2010, la création de pôles d’excellence dans le domaine touristique et un système d’accueil et d’échanges en matière de formation – autant d’initiatives qui s’inscrivent dans la vague mondiale récente de la gastro-diplomatie.

www.goodfrance.com