haut standing

Résidences de luxe, l’appel des cimes

Du Parc et 51° Spa Residences, deux projets d’envergure en Suisse romande signés Swiss Development Group, redéfinissent le paysage du tourisme d’exception. Situées en altitude, ces constructions très haut de gamme à service hôtelier permettent aussi de revaloriser un site ou un village

A Loèche-les-Bains, le complexe semi-hôtelier intitulé 51° Spa Residences n’est encore qu’un trou béant au centre du village. Quant à Du Parc, sur les hauteurs du Mont-Pèlerin dans le canton de Vaud, il va accueillir ses premiers résidents en juin. Deux sites et deux réalisations d’exception sur lesquels a misé la société de création de biens immobiliers de prestige Swiss Development Group, basée à Genève. Des investissements qui permettent, par la même occasion, de valoriser une parcelle ou un village.

Loèche-les-Bains, station valaisanne nichée à 1411 m d’altitude, bordée de parois rocheuses aux reliefs saisissants, étonne par son architecture contrastée: parc hôtelier luxueux mais désuet, thermes modernes, constructions vernaculaires et immeubles des années 60. Le potentiel de ce village inséré dans un site naturel grandiose n’a pas échappé à la société suisse, qui développe des projets résidentiels à service hôtelier. C’est ainsi qu’est né le concept 51° Spa Residences (51° étant la température exacte de l’eau thermale). Le complexe, qui contiendra 28 appartements dans un premier temps puis un hôtel 5 étoiles (comprenant 50 chambres et autant de résidences hôtelières en copropriété), devrait voir le jour en 2014. Comme pour Du Parc, SDG a fait appel au groupe Kempinski pour la gestion de l’hôtel, le personnel à demeure étant mis à disposition des propriétaires. Un contrat sur vingt ans et renouvelable, qui assure à la commune la pérennité de ce projet haut de gamme.

Le permis de construire a été délivré en 2010 et les travaux de terrassement, démarrés en mai 2012, vont reprendre après l’interruption hivernale. L’on s’étonne du fait qu’aucun recours n’ait retardé l’opération. David Gaymard, directeur exécutif des acquisitions et du développement de SDG, explique: «C’était une nécessité pour la commune de redynamiser la station, de rehausser son image car aujourd’hui, il n’y a pas d’hôtel 5 étoiles de standing international à Loèche-les-Bains. Nous avons aussi eu le soutien de la population. Quant à nous, nous avons vu le potentiel, à long terme, de se positionner sur un terrain en plein centre de la station, à proximité du vieux village. Et, point important, nous avons pu obtenir un droit d’accès aux eaux thermales, contrôlées par la bourgeoisie.»

L’architecte mandaté, l’Américain Michael Graves, est une pointure internationale. Son projet, destiné à séduire une clientèle européenne, notamment d’Europe de l’Est, déjà familière de la station dans laquelle elle peut évoluer en toute discrétion, a été axé sur l’eau thermale, avec la création de spas privatifs et hôtelier, et s’articule autour d’éléments naturels (la pierre, l’eau, le feu), une thématique qui se retrouve dans toute l’architecture, que ce soit dans l’utilisation des matériaux à l’intérieur ou sur la place ouverte au public, qui sera aménagée au cœur du complexe résidentiel. C’est là que réside l’originalité d’un ouvrage qui ne s’adresse pas seulement à quelques privilégiés. «On a imaginé, dans chacun des appartements, des cheminées qui descendent jusqu’à la place publique, la Plazza. Il y aura des foyers de feu de bois mais aussi des fontaines avec ambiance musicale et effets visuels. Les points d’eau diffuseront des lumières différentes selon les moments de la journée», ajoute David Gaymard, précisant que cette animation a été conçue par d’ex-membres du Cirque du Soleil. «Les équipements sont destinés aux habitants du village et vont participer à l’épanouissement de Loèche-les-Bains. Cela donne une émulation à la commune, qui investit aussi (rénovation de la télécabine, programme d’extension du domaine skiable qui n’a aujourd’hui qu’une capacité de 50 km, etc.)» Ainsi seront créés un club lounge signé Ginza Project, une enseigne moscovite en pleine expansion, des restaurants et des commerces. Le spa de l’hôtel comprenant piscines extérieure et intérieure sera aussi accessible. Côté résidence, les appartements bénéficieront d’une arrivée d’eau thermale dans le jacuzzi aménagé sur le balcon, qui disposera d’une cheminée à l’éthanol. Dans l’appartement témoin, la décoration intérieure en pierre et bois (dont des meubles en onyx, ou des parois couvertes de poussières de mica) donne l’impression d’un prolongement de la montagne.

Pour le second complexe en altitude, Du Parc Kempinski Residences sur les hauteurs du Mont-Pèlerin dans le canton de Vaud, l’heure d’ouverture est proche, agendée à juin. Ce chantier qui a réuni 70 entreprises de l’Arc lémanique touche à sa fin. Les résidents vont bientôt pouvoir profiter de la piscine au plafond en ciel étoilé, des jacuzzi, sauna, hammam, fitness équipé ou cigare lounge. Mais encore de tout un service hôtelier en collaboration avec le Mirador Kempinski (massage, esthétique, préparation de repas) ainsi que d’une conciergerie à demeure 24 heures sur 24. Pour un appartement de 450 m2, l’un des plus spacieux, avec hauteur de plafond de 3,80 m, à 30 000 fr./m2 il faudra débourser environ 13 millions de francs.

Cet ancien palace de 140 chambres édifié en 1908 et tombé en désuétude a été entièrement réaménagé en résidence de luxe offrant 24 appartements de 200 à 690 m2 en PPE. Une réhabilitation d’une grande complexité qui s’est heurtée à une trentaine de recours. «Pour développer ce projet, nous avons dû faire un plan de quartier qui a été négocié, discuté avec les nombreux services du canton: faune, flore, forêt», note Joël Brönnimann, l’architecte présent dès l’origine du projet. «L’hôtel était un souci pour la commune. Il était devenu obsolète. Il n’y avait pas le marché pour construire un second palace en plus du Mirador Kempinski qui se trouve à 200 m. La commune avait peur qu’un promoteur ne démolisse l’hôtel et construise sur l’emplacement des dizaines de villas ou d’immeubles… Notre projet était fou mais c’était la meilleure solution pour cette parcelle», explique-t-il. Lorsque SDG s’est porté acquéreur du bâtiment, sa vision était d’en restituer l’esprit d’origine, qui s’était dilué dans le temps, sur la base des photos d’archives. Ce qui fut fait en collaboration avec le Service des monuments historiques. «Quand SDG a acheté le bâtiment, il n’était même pas répertorié. Le Service des monuments historiques, voyant qu’il y avait du mouvement, a classé hâtivement le bâtiment en note 3 (importance locale méritant une certaine protection)», précise l’architecte.

Les deux ailes ont été élargies, de manière à ce que les appartements aient une répartition fonctionnelle. Charpente et toiture ont été recréées. Le toit, comme à l’époque, est en ardoise d’Angers et toute la ferblanterie en zinc. Des éléments historiques, comme les œils-de-bœuf, qui avaient disparu suite à l’incendie de l’hôtel en 1917, ont été reconstitués. Toute l’ornementation du bâtiment (moulures, encadrements de fenêtres, consoles sous les balcons) a été réinterprétée. «Pour la façade, nous avons travaillé avec les techniques actuelles car il fallait que le bâtiment soit aux normes Minergie, ce qui augmente les difficultés techniques (épaisseurs d’isolation importante, contraintes thermiques pour les fenêtres qui ont des triples vitrages, installations de panneaux solaires sur le toit)», explique l’architecte. Il a fallu aussi créer un spa, des piscines intérieure et extérieure en suivant les courbes de niveau du ­terrain. Quant au parc proprement dit, en bordure de forêt protégée, il sera bientôt replanté en jardin à l’anglaise, une végétation naturelle et sauvage comme cela se faisait dans les palaces à l’époque.

Pour un appartement de 450 m2, il faudra débourser environ 13 millions de francs

«Notre projet était fou mais c’était la meilleure solution pour cette parcelle»

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