E

n 1963, Jack Heuer, arrière-petit-fils du fondateur et fan de courses automobiles était à la tête de l’entreprise. Il souhaitait se démarquer des chronos du début des années 60 peu lisibles avec leurs nombreux compteurs et leur petite taille, les pilotes automobiles ne disposant pas d’un instrument très pratique à leur poignet. Jack Heuer était particulièrement intéressé à développer ce type de pièce. Il dessina donc un cadran un peu plus grand qui comportait un rehaut (pièce circulaire le surplombant) afin d’augmenter la lisibilité de la pièce et plaça deux petits compteurs à 3 h et à 9 h, l’un pour les secondes courantes et l’autre pour le chrono. Avec des boutons poussoirs sur le côté très faciles à manipuler. Dans une seconde version, pour en optimiser encore la lecture, il la fit réaliser en contraste, cadran noir avec compteurs blancs, ce qui vaudra à la pièce le surnom de «panda».

Quant à l’appellation de la montre, Carrera, elle a été donnée en référence à la course mythique qui traverse le Mexique du nord au sud sur plus de 3000 km, la Carrera Panamericana. Elle se courait dans les années 50 puis fut interdite, car entachée de mort. Mais Jack Heuer avait tenu à baptiser sa création en hommage aux frères Rodriguez, qui l’avaient initié à la course automobile, eux-mêmes ayant participé à la Carrera Panamericana. En 2014, lors de l’édition courue avec des voitures d’époque, TAG Heuer était partenaire de l’équipe ­conduite par le pilote Erik Comas. Celui-ci portait un modèle contemporain au poignet mais avait aussi embarqué dans sa Studebaker comme un talisman une Carrera d’époque, pour tisser un lien fort avec le passé.

Depuis les années 60, la collection a évolué avec des rééditions lors des anniversaires importants. Cette année, la ligne s’enrichit de deux modèles dans l’esprit de la Carrera de 1963-1964 avec son logo Heuer. La boîte saphir, comme un couvercle de verre, donne au garde-temps un côté plus aérien, le cadran se voyant en profondeur, ce qui reprend le design de l’époque. Les index sont en relief, posés à la main et facettés, et le cadran comporte un guichet de date.

En 2015, une telle réédition répond à la volonté de la maison de mettre en exergue son patrimoine. Estimant que la connotation «jeune» de la marque ne doit pas occulter son héritage et qu’il est important de se souvenir de sa longue histoire, la maison Heuer ayant été fondée en 1860 et ayant un lien avec le sport depuis son origine. Et de rappeler qu’en 1963, c’était dans cet esprit de performance qu’avaient été conçues les pièces dessinées par Jack Heuer.