Un jour, une idée

Le retour du «Who’s who» suisse après vingt ans d’absence

On y découvre que Federer parle aussi le suédois ou que Tina Turner est plus Suisse que Suisse. Quelque 700 personnalités ont trouvé accueil dans le «Swiss Who’s who» qui renaît de ses cendres grâce à Edouard Gueudet, ancien banquier devenu éditeur.

Un jour, une idée

Après vingt ans d’absence, le retour du «Who’s Who» suisse

«Quand j’étais adolescent, mon père possédait un Who’s Who. J’adorais m’y plonger, me promener dedans: une vraie photographie du pays.» Comme on ne quitte jamais tout à fait ses marottes d’enfant, Edouard Gueudet, 39 ans, dont une bonne partie passée dans la finance, y est revenu, mais comme éditeur. Il a redéposé la marque disparue il y a une vingtaine d’années, créé un logo, mis en place un comité de sélection, constitué une base de données de 5000 noms et monté sa maison d’édition, Gueudet Publishing S. A.

Deux ans plus tard, l’objet est là, rouge comme il se doit, et tiré à 2000 exemplaires. Reliure soignée, beau papier, mise en pages claire, l’ouvrage est «entièrement made in Switzerland».

De Lara Gut, la benjamine, à Jean Starobinski, le doyen, le livre accueille 700 personnalités du monde des institutions, de la politique, des sciences, de l’art, de l’industrie, du sport, de la recherche et des médias. Ils sont regroupés par ordre alphabétique. Quel point commun entre le dessinateur Patrick Chappatte, la comédienne Doris Ittig, le neurobiologiste Julien Bogousslavsky et l’astrophysicien Didier Queloz? «La notoriété n’est pas un critère. Cette liste, amenée à s’enrichir, est composée de gens qui font avancer le pays par leur esprit d’initiative et leurs compétences. Des hommes et des femmes qui incarnent les valeurs suisses. Il va de soi qu’il ne faut pas payer pour y figurer.» Une remarque sur ce premier panel? «Je suis impressionné par le nombre de doctorats!»

A l’heure d’Internet et des réseaux sociaux professionnels, que peut-on attendre d’un annuaire tel que celui-ci? «La fiabilité. Wikipédia n’est pas toujours sûr et on peut tricher sur son profil dans les réseaux sociaux. Avec le Who’s Who, vous avez des informations précises: dates, diplômes, appartenance à des associations, nombre de langues parlées, hobbies et aussi des coordonnées qui permettent de joindre la personne. C’est aussi un instrument pour relier la Suisse romande à la Suisse alémanique.» Facultatives en revanche, la photo et la situation familiale. «La Suisse a le sens de la discrétion.»

La version web permet des mises à jour régulières, des enrichissements et une recherche par secteur, bientôt par mot clé. L’ouvrage en anglais est clairement destiné aux milieux professionnels, ne serait-ce que par son prix: 470 francs en souscription avec accès protégé à la plateforme internet. Pour la seconde édition prévue à l’automne 2016, l’éditeur promet une plus forte représentation alémanique.

A la lettre G, on y trouve Edouard Gueudet, amateur de gastronomie, de randonnée, de backgammon et de généalogie, entre autres. «Oui, je suis dedans; il fallait bien que je montre l’exemple car certaines personnes contactées n’ont pas voulu y figurer, du moins tant qu’ils n’avaient pas vu le résultat. Et parce que je n’ai rien à cacher.»

Swiss Who’s Who, vendu en souscription. www.swisswhoswho.ch ou eg@swisswhoswho.ch

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