Allumer une bougie entre trois quartz roses. Fumer du bois de palo santo avant de faire tourner le pendule ou tirer les cartes des anges… Pendant longtemps, ces petits rituels quotidiens sont restés dans l’ombre des croyances personnelles. Il y a dix ans encore, l’ésotérisme était une niche effrayante, de par la connotation négative de la magie noire et son côté sectaire. Mais la vague de yoga, de méditation, de chamanisme, d’écopsychologie, de reiki ou de stages initiatiques à la découverte d’une plus vaste partie de soi qui déferle sur tous les continents semble avoir ouvert un portail. Il suffit aujourd’hui de taper «sorcière» sur Instagram ou de se promener dans un rayon ésotérique de librairie pour voir que la connexion cosmique devient une nouvelle voie massive de développement personnel.

«La sorcellerie a ses hashtags sur Instagram et ses rayons virtuels sur Etsy, ses influenceuses et ses autoentrepreneuses qui vendent en ligne sorts, bougies, grimoires, superaliments, huiles essentielles et cristaux», observe Mona Chollet dans Sorcières. La puissance invaincue des femmes paru en 2018, la journaliste française explique notamment cette vogue inédite en rappelant que celles et ceux qui pratiquent la sorcellerie ont grandi avec Harry Potter, Charmed ou Buffy contre les vampires. «La magie apparaît paradoxalement comme un recours très pragmatique, un sursaut vital, une manière de s’ancrer dans le monde et dans sa vie à une époque où tout semble se liguer pour vous précariser et vous affaiblir.»