Des hauts et des bas d’un effort de longue haleine, Michael Ingram en connaît. Lui qui fait des courses de 140 km en montagne – une trentaine d’heures – est habitué à repousser les limites de la persévérance. «Il y a toujours un moment où l’on bascule, la tête tourne et l’on a envie de s’évanouir. Mais il faut tenir.»

Cet entraînement d’ultra-trail lui a servi pour un projet qui ne demande pas moins de ténacité: lancer une marque de vêtements de haut niveau pour cette discipline exigeante mais produits dans le respect de la nature, qui est «l’essence de ce sport» et qui en devient souvent victime.

«J’ai grandi à la montagne, le sport a toujours été un moyen de connexion avec la nature. Quand j’ai pris conscience du décalage entre ce lien et le comportement irresponsable de l’industrie textile, qui contribue à la pollution et au réchauffement, j’ai voulu proposer une alternative.» Pour créer Revario, l’ingénieur-mécanicien formé à l’EPFL utilise chaque minute libre entre un travail à 100% et des trails du week-end. «Heureusement, ma femme est compréhensive», sourit-il.

Textiles innovants

Il se tourne vers des fournisseurs de textiles innovants, dans un rayon qui n’excède pas 600 km autour de Genève. Découvre Econyl, nylon écologique à base de filets de pêche récupérés en mer Adriatique. Remplace le polyester par ses équivalents recyclés à partir de bouteilles en PET ou biodégradables. Trébuche, parfois. Reprend son souffle. Mais ne renonce pas.

Les premiers retours, des professionnels, montrent que Revario est en bonne voie: «Pour se démarquer, on doit offrir une meilleure qualité que les vêtements conventionnels. Seul, l’argument écologique ne convainc pas», dit Michael Ingram. Développée avec l’aide de l’association Genilem pour les entreprises innovantes et le savoir-faire des ateliers Caritas, la première collection est en vente jusqu’au 25 mars via un crowdfunding, qui servira à poursuivre sur cette lancée.

Qu’une victoire d’étape aux yeux du jeune entrepreneur. Il aimerait remplacer complètement certains matériaux polluants et faire une collection en couleur sans teintures toxiques. Mais l’étape critique semble franchie: «Nous avons prouvé que l’écoresponsabilité ne nuit pas à la performance.»


Revario, avec des emballages à base de vieux parapentes recyclés et des réparations offertes à vie, route de Crassier 4B, Crans-près-Céligny (VD).


Retrouvez tous les articles de la rubrique «Un jour, une idée».